Avis – Dans la ruine somnolente

BLABBERMOUTH.NET

01. J’accueille ta flèche
02. La lame monochrome
03. Anima
04. Le visage de Dieu
05. Je t’ai donné des ailes
06. Asteria sous la mer tranquille
07. Cieux froids
08. Rivière Misanthrope
09. Léthé

Acteurs majeurs du monde de la misère gothique et ornée des 30 dernières années, DRACONIEN n’ont pas grand-chose à prouver en 2026. Les deux derniers albums du groupe suédois ont recueilli certaines des critiques les plus élogieuses qu’ils aient jamais reçues, et ceux de 2020 « Sous un voile impie » semble avoir été leur sortie la plus réussie à ce jour. Mais s’il manquait quelque chose à la formule chatoyante et flamboyante qui a été la DRACONIEN dès le départ, c’était l’absence de chanteur Lisa Johanssonqui est parti à la suite des années 2011 « Une rose pour l’Apocalypse ». Même si ses remplaçants remplissaient leurs obligations avec style et classe, il était Johanssonla voix de qui a dominé les moments passés les plus puissants des Suédois, le séminal « La pluie arcanique est tombée » (2005) inclus, et c’est donc un motif de célébration qu’elle soit revenue au monde. DRACONIEN plier pour leur huitième sortie complète. Je viens de renouer avec le leader ostensible Anders Jacobsson, Johansson se réaffirme rapidement à travers ces neuf nouvelles chansons, ses sonorités éthérées bénissant « En ruine somnolente » avec une grande quantité d’électricité romantique réveillée. Si vous vautrer dans le désespoir existentiel et les replis claustrophobes de l’amour et de la perte, cet album exigera tranquillement votre attention.

Le retour de Lisa Johansson assure que « En ruine somnolente » sera accueilli avec avidité par DRACONIEN fans, mais à tous autres égards, il s’agit simplement de la prochaine étape naturelle sur le chemin morbide des Suédois. « Je salue ta flèche » est une manière dévastatrice de réintroduire l’ancienne chanteuse auprès des fidèles : sa voix d’une élégance déchirante ouvre la voie, alors qu’un autre mélodrame délicat se déroule. Toujours enraciné dans un death/doom grandiose et une indulgence gothique super-dynamique, il dérive avec une persistance stoïque au milieu d’une brume pétillante de claviers célestes, passant de passages intenses et mélodiques à des moments d’horreur glaciale et lourds de grognements. Parfois plus proche de l’ingéniosité grand écran de MARILLION qu’à des pairs partageant manifestement les mêmes idées, DRACONIEN ont tissé une approche progressiste dans leur doom austère et traditionnel, et leur écriture de chansons a ainsi pris de l’ampleur. Par-dessus tout, « En ruine somnolente » embrasse la beauté avec plus de passion que sur n’importe quel album précédent. Malgré toute leur adhésion au bruit grinçant et mortel, des chansons comme « La lame monochrome » et« Je t’ai donné des ailes » sont aussi attachés à la mélodie douce-amère qu’aux gros riffs meurtriers, etJohanssonLa voix de élève la formule à de nouveaux niveaux d’efficacité, presque comme une évidence. Entre-temps,JacobssonLe rugissement abyssal de reste un point focal convaincant, notamment grâce à des paroles extraordinaires et poétiques. Seuls les cœurs les plus durs pouvaient entendre une chanson comme« Cieux froids » et reste impassible. « Avec n’importe quelle tempête déchaînée, des funérailles amères / À quel point le ciel doit-il être terriblement froid ? » c’est une sacrée ligne, et« En ruine somnolente » est plein de telles choses : des déclarations sombres mais sincères venant des confins de la raison mortelle, délivrées par des chanteurs doubles qui habitent ces chansons avec toutes les fibres de leur être. La musique qui sous-tend ces sentiments reflète une acceptation du chagrin comme un raccourci fascinant vers la révélation, avec des riffs qui exercent une retenue surnaturelle dans leur quête à pas d’escargot de la clôture harmonique.DRACONIEN Ce n’est peut-être pas le groupe à écouter en contemplant la futilité de la vie, mais en tant que gardiens de la porte de la désolation, ils ont clairement digéré et compris la mission qui leur a été confiée.

Comme point positif supplémentaire,« En ruine somnolente » sonne énorme et cinématographique, sa fureur au flou artistique est présentée dans un brouillard vibrant aux multiples facettes de couleurs vives et de gris désorientants, avec des éclats occasionnels de triomphalisme arène-métal du guitariste principal.Johan Ericson. Férocement accessible, malgré sa façade usée par le monde, et merveilleusement somptueux dans son exécution impeccable, c’est l’un desDRACONIENLes meilleurs disques de à ce jour et la réponse parfaite à un monde déséquilibré et indifférent.