.:.Chronique.:.

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Strüder, Krotz

15 Dickinson Songs

[Wild Silence::2016]

|01 The Foreigner|02 Wandering Is Done|03 The One, The Other|04 Beauty|05 The Deathless Tree|06 The Spot|07 The Ruin|08 Cap of Lead|09 The Thought Before|10 Red Cravat|11 The Western Mistery|12 The Little Pilgrim|13 The Diadem|14 The Date|15 The Letter|

Mettre en musique des textes d'une poétesse américaine considérée comme majeure est un risque qu'il est parfois préférable de ne pas prendre. Mais quand on a de sérieuses affinités avec l'œuvre d'Emily Dickinson il serait ridicule de ne rien tenter. Emily Dickinson, donc. Poétesse américaine du XIXème siècle qui fut surtout connue après sa mort quand sa plus jeune sœur mit au jour ses écrits. De son vivant, il n'y eut que très peu de publications. Et encore, ils furent modifiés pour coller à l'air du temps. Il faut dire qu'Emily Dickinson était dans une logique de l'épure avec des vers courts, une trame des plus particulières (rimes imparfaites, ponctuation singulière...) pour l'époque et un attrait récurent pour la mort et l'immortalité. De quoi laisser à Krotz Strüder une assez grande liberté de ton même si l'emploi d'une ossature intimiste s'imposait. Il faut dire qu'Emily Dickinson était quasiment fermée au monde, ne sortant que très peu de sa chambre et ne communicant que par correspondance. Mais l'exercice n'est pas nouveau pour Krotz Strüder. En effet, celui-ci n'en est pas à son coup d'essai et Dickinson n'est pas le premier auteur qu'il adapte en musique. De fait, ici, Krozt Strüder, que l'on connait aussi sous son nom d'écrivain Julien Grandjean, opte pour une approche simple et épurée. Pour coller aux textes d'Emily Dickinson il n'y avait pas besoin de plus. Une voix, grave, une guitare, quelques autres mais discrets et la magie opère sans autre forme de procès. La vie, la mort (surtout la mort), hantent ce disque nonchalamment, de manière directe ou suggérée au gré de chansons légères, portées par le vent et les mélopées légères élaborées par Krotz Strüder. Il n'en fallait sans doute pas plus. Le chanteur touche ici au plus juste et ne prétend pas se mettre en avant. L'important est bien la mise en valeur des textes d'Emily Dickinson, pouvoir les sublimer et leur donner une vie qu'ils n'avaient pas forcément avant. Krotz Strüder a donc choisi la sobriété et c'est tout simplement lumineux. Musique en couleur sépia, textes vagabonds et éternels, il n'en fallait pas plus pour tomber sous le charme.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 30-01-2017

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