.:.Chronique.:.

Pochette

Haynes, Jim

The Decline Effect

[The Helen Scarsdale Agency::2011]

|01 Ashes|02 Terminal|03 Half-Life|04 Cold|

Depuis Telegraphy by the Sea (2006), on n'avait pas vraiment fait attention à ce qu'avait pu faire Jim Haynes (rien à voir avec le journaliste-écrivain du même nom). Et pourtant, ce sculpteur sonore avait sorti deux albums, certes à tirages confidentiels (Eraldus/Eravaldus et Sever), qui n'étaient pas dénués d'intérêt. En fait, comme beaucoup de ses camarades qui officient dans une sombre musique ambient expérimentale où les drones sont rois, Jim Haynes agit dans la discrétion proche de la marginalisation. On le sait, le genre n'est pas vraiment porteur et n'attire en général qu'un nombre restreint d'amateurs d'où les tirages souvent limités de ce type d'artiste. Quoi qu'il en soit si cette musique souffre d'un manque de crédit du fait de sa difficulté d'appréhension, il n'en demeure pas moins qu'elle peut se montrer passionnante. Et ça tombe bien parce que Jim Haynes est passionnant. Ce nouvel (double) album a été conçu autour du concept de l'effet déclin qui tient de la parapsychologie dont les tenants et aboutissants me dépassent quelques peu, je dois l'avouer. Pour faire simple et sur ce que j'ai pu en comprendre c'est que sur le principe, les pouvoirs d'un médium peuvent faiblir si on les contrôle sur une longue période. C'est à peu près ça, enfin je crois. En tout cas, c'est sur cette idée que Jim Haynes a basé son travail. Le résultat, ce sont quatre pièces opaques, sinusoïdales où les sons se superposent et s'entrechoquent avec lenteur. Jim Haynes n'explore pas ici les hauteurs. Bien au contraire, son champs d'action est bien cet effet régressif et de compression qui peut, finalement, sur n'importe quel individu à partir du moment où il pert peu à peu ses capacités. Même si on a l'impression que Jim Haynes avance un peu à l'aveugle, il est évident qu'il est aussi très précis dans ses mouvements, usant d'un minimalisme austère et post-industriel. Evidemment, il n'est pas vraiment question de chamanisme ou de parapsychologie de bazar. Le propos de Jim Haynes a toujours été des plus sérieux et cette application dans la conception de sa musique s'entends une fois de plus dans The Decline Effect. Sans être des plus spectaculaire, l'américain se montre efficace et particulièrement inspiré. On n'en demandait pas plus de sa part.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-02-2012

A voir également :

http://www.helenscarsdale.com/haynes/news.htm

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