.:.Chronique.:.

Pochette

Eszildn, Remano

R-Tracks

[Planet Mu::2009]

|01 R-Track|02 Kinnoull|03 J-Track|04 Rat Trap Bond|05 Gulamag|06 S-Track|07 The Brink|08 Countdown To Meltdown|09 Audio80|10 Telistrex|11 Memory Mirror|12 Momentary Present|13 R-Bottin|14 Wavaslek|15 Synfinality III|16 Alterant Arch|17 Parallelatron|18 Listening Picture|

On peut bien venir de Bristol et ne pas faire de dubstep pour autant. On peut presque souffler un ouf de soulagement car comme le dubstep commence à être un peu envahissant il n’est pas inutile de voir des types comme Remano Eszildn faire un peu autre chose et être à des années lumières des tendances actuelles. R-Tracks est un disque atypique qui peut avoir quelques familiarités avec d’illustres prédécesseurs comme µ-ZIQ (comme par hasard), Ceephax ou une réminiscence avec les tous débuts du label Warp. R-Tracks est sans aucun doute un drôle de fourre tout où le britannique a mis toute ses lubies. L’homme n’est pas un musicien et n’a surement jamais touché un instrument de sa vie. Il compose donc au feeling, à l’émotion et selon son bon plaisir. Travaillant essentiellement avec un matériel anachronique, Eszildn a naturellement donné une coloration datée à son album. Cependant cela n’enlève en rien l’esprit créatif du bonhomme. Celui-ci ne se ferme aucune porte et semble explorer les possibilités de ses machines, élaborant des mélodies qui peuvent être aussi fluides que géométriques.

R-Tracks est comme une piqure de rappel. Si on s’extasie aujourd’hui sur les nouvelles tendances de la musique électronique c’est souvent en oubliant, qu’il n’y a pas si longtemps, nous avons vécu une période foisonnante qui avait fait tomber bien des barrières et laissant sur le carreau ceux qui n’ont pas su voir venir cette révolution culturelle et qui, même encore aujourd’hui, n’arrivent pas à la comprendre. Remano Eszildn se contente, lui, de suivre son instinct tout en gardant cet esprit d’ouverture et de curiosité qui donne toute cette dose d’intelligence et de naïveté combinée qui se résume très bien dans des morceaux comme Listening Pleasure. La musique électronique devrait toujours être comme cela, jamais repliée sur elle-même et prompte à toutes les fantaisies. Un état d’esprit que l’on a peut-être égaré au passage de la démocratisation de la musique électronique. Mais « égaré » ne veut pas dire « perdu » et tous les espoirs sont donc permis.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-07-2009

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