.:.Chronique.:.

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Roedelius

Works (1968-2005)

[Grönland::2006]

Qui connait encore Roedelius ? Hans-Joachim Roedelius. Cet Allemand presque septuagénaire a pourtant gravité dans la sphère Krautrock à la grande période des Neu!, Can et autres Faust au sein du groupe Kluster (qui deviendra Cluster après le départ de l'un de ses membres) auquel ont appartenu Dieter Moebius et Conrad Schnitzler. Tous auront eu une influence majeure sur l'évolution de la musique actuelle. Celle de Roedelius ne s'est pas démentie jusqu'à aujourd'hui. Il n'est pas l'artiste le plus cité mais il demeure comme quelqu'un qui aura largement compté dans l'évolution des musiques inventives et modernistes. Pour autant il est assez mal connu du plus grand nombre et cette rétrospective devrait remettre les pendules à l'heure.Si Roedelius a toujours été actif pendant toutes ces années (rappelons que le premier disque qu'il sort avec Kluster est de 1970 - Klopfzeichen - mais que ses premiers enregistrements datent de 1968) il n'a plus aujourd'hui l'aura qu'il a pu connaître dans les années 70. Bien sûr il possède toujours un noyau dur de personnes qui suivent ses productions, les nostalgiques seventies, les curieux ou les amoureux des musiques évolutives. Ceux-là n'auront pas besoin de cette double compilation (qui n'est pas la première d'ailleurs). Pour les autres ce sera le moyen idéal pour découvrir les métamorphoses de l'artiste en allant de sa période K(C)luster, sa collaboration avec Brian Eno, son projet Harmonia avec Michael Rother de Neu! jusqu'à son concept de Roedeliusmusik où il se plaît à mélanger les genres. Ainsi on évoluera de morceaux Krautrock qui apparaissent comme autant de classiques à des tentatives techno-pop, des incursions ethniques, dadaïstes ou des passages complètement épurés par des échappées au piano. Roedelius est un personnage aux multiples facettes et il serait vain de résumer l'ensemble de sa carrière, ou même de l'expliquer, en quelques lignes. Ce double album est largement plus parlant et significatif que n'importe quelle logorrhée. Il montre également que si sa musique a plutôt bien vieilli, ses récentes productions savent également se placer dans la modernité. Roedelius a toujours été de son temps, il vit avec lui et s'en inspire. Et, a priori, il ne semble pas vouloir encore s'arrêter. On ne s'en plaindra pas.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 03-10-2006

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