01. Les ombres respirent en premier
02. Isolement
03. L’épreuve
04. La chute ouvre le ciel
05. Ce qui brûle maintenant écoute
06. Rêverie des Soleils Jumeaux
07. La fin devient grâce
Ayant béni le paysage du metal extrême avec leur black metal avant-gardiste et céleste pendant près de 30 ans, BLUT AU NORD reste unique. Le prolifique groupe français revient avec l’album numéro 16, « Horizons éthérés »un grand opus qui synthétise leur production précédente tout en restant aventureux et frais. L’album n’est pas aussi sombre que leurs premiers travaux. À la place de l’ancienne tristesse suffocante se trouvent des murs de sons qui englobent plus de profondeur et de complexité. Alors que BLUT AU NORD ne se sont jamais contentés de régurgiter leur back-catalogue, des traces de la nature inhumaine originelle de leur musique subsistent. « Horizons éthérés »cependant, est nettement plus humain et organique que tout ce qu’ils ont enregistré auparavant.
« Les ombres respirent en premier » ouvre la sortie épique avec un mouvement sédatif qui grimpe vers une grande et explosive fureur de black metal. Le barrage de chaos explosif fournit de manière intéressante et efficace la toile de fond à des voix claires calmes et décontractées qui sont quelque peu de nature gothique rock. Les cris cinglants font également partie de l’équation, soulignant les moments les plus violents et au vitriol. Immédiatement après, « Isolement » ravive l’esprit original du groupe, plus sombre et plus glacial en son sein, catapultant la rage avec des lignes de synthé inquiétantes et un rugissement mordant aussi envoûtant que ses mélodies tordues.
« La chute ouvre le ciel » explose avec des mélodies déchirantes, des guitares acérées et des claviers majestueux. « Ce qui brûle maintenant écoute »quant à lui, se démarque par des voix mélodiques spectrales qui cèdent la place à des gémissements robustes et à un tempo accéléré. Ailleurs, l’instrumental « Rêverie des Soleils Jumeaux » s’appuie sur des lignes de clavier étranges pour atteindre un sommet éthéré et apaisant. La grande finale, « La fin devient grâce »est un marathon de plus de 12 minutes, captivant, nuancé et complexe. La chanson palpite, reflue et coule, atteignant une conclusion puissante, hypnotique et psychédélique.
« Horizons éthérés » trouve finalement BLUT AU NORD dans sa forme la plus développée et pleinement réalisée, mettant en valeur sans surprise la curiosité et le côté aventureux de l’unité. L’album porte l’extraterrestre fondateur du groupe, mariant certains aspects industriels avec un black metal épique, céleste et transcendantal qui se connecte parfaitement à diverses sections apparemment informées par le post rock et un état d’esprit progressif.
« Horizons éthérés » porte bien son nom, décrivant ouvertement BLUT AU NORDLe son englobant et énigmatique de est qui n’a jamais été aussi riche, luxuriant et superposé. Les lignes de synthé chaleureuses ajoutent des couches aux vagues sonores massives qui sont étonnamment grandes et belles, menant de manière appropriée à des moments de black metal fulgurant. Le courant sous-jacent très humain renforce la grandeur de l’album. Cet aspect de BLUT AU NORDL’évolution de est intéressante et agréable, bien sûr. Cependant, ce n’est tout simplement pas la même chose, pas aussi magique. Leur froideur impitoyable était sans doute la plus grande force du groupe.
En fin de journée, « Horizons éthérés » est une sortie fantastique qui se situe au-dessus de la majorité de ce qui existe dans le monde du black metal. C’est tout simplement loin d’être à la hauteur dans le monde de BLUT AU NORD.
