01. Ennemi
02. Oubliette
03.L’État
04. Vampire
05. Toi
06. Intervention extérieure
07. Un ok
08. Balle perdue 2.0
09. Attraper et tuer
10. Quartier des armes Sue
11. La Seconde Venue
La persévérance est la clé de la longévité. Peu de groupes parviennent à enregistrer leur 24ème album studio, mais Sacha Konietzko n’est pas comme les autres musiciens. Depuis plus de quatre décennies, KMFDM ont été une force de subversion cohérente et charismatique, avec de fortes racines dans la scène industrielle naissante du début des années 80, et un don infaillible pour combiner l’électronique et les riffs métalliques de telle manière que l’hybride qui en résulte sonne toujours comme une idée nouvelle. Une force prolifique, particulièrement au 21ème siècle (13 albums à ce jour !), KMFDM labourions ce sillon bien avant MINISTÈRE ont commencé à récupérer l’agressivité du métal dans leurs expériences de synthés post-punk. Quand il s’agit d’électro-métal, Konietzko et son équipage sont les rois et reines officieux de tout, et « Ennemi » est simplement leur dernière démonstration occasionnelle de supériorité.
Souvent appelé « le rythme ultra-heavy », KMFDMLa musique de est en constante évolution. Avec autant d’albums à son actif, on pourrait en déduire que Konietzko Je dois être à court de nouvelles façons de donner vie aux robots, mais « Ennemi » suggère le contraire. Bien plus divertissant et musicalement plus libéré que sa réputation ne le suggère, ce disque présente les Allemands comme des gardiens exubérants mais obstinés du code du metal industriel.
Contrairement à certains de leurs premiers travaux, KMFDM sont des auteurs-compositeurs pop aguerris de nos jours. « Ennemi » regorge de chansons immensément accrocheuses et mémorables, leur accessibilité soulignée par de gros riffs costauds et des garnitures électroniques qui puisent dans toutes sortes d’inspirations improbables. Dans une chronologie moins stupide, le succès grand public suivrait, mais KMFDM sont devenus des légendes sans jamais compromettre leur vision de séduire les non-croyants. Le résultat de cet acharnement et de ce stoïcisme est que « Ennemi » est toujours authentique et souvent irrésistible. Le morceau titre est un morceau d’électro-métal assez typique mais toujours captivant avec un refrain qui refuse de lâcher son emprise ; « Oubliette » est un joyau pop-metal magistral avec des courants sous-jacents industriels et meurtriers et un co-chanteur Lucie Cifarelli sous forme bouillonnante; « L’Etat » est un groove de dirt rock martelant et traînant, alimenté par une impulsion sourde et anti-disco, comme un futuristeROB ZOMBI avec un béguin pour la techno brutale ; et« Vampyr » est une ruée bégayante et noirâtre de synthés, de rythmes, de riffs de hard rock et de funk par force brute. Fortement éclectique,« Ennemi » refuse d’apaiser les puristes du genre et est donc vraiment très amusant. « You » est une alt-pop fiévreuse et pure avec des bruits acides et un élan contagieux ;« Intervention extérieure » est un punk industriel morveux avec des embellissements kitsch de science-fiction et un solo de guitare flamboyant ; et« Un ok » est une démolition presque comiquement édifiante deGARY NUMANc’est« Les amis sont-ils électriques ?avecCifarelli délivrant des paroles loufoques avec une conviction pétillante. Les morceaux restants entretiennent l’ambiance imprévisible, avec« Attraper et tuer » se démarquant comme un public évident et convivial pour la radio, et« Balle perdue 2.0 »Le détour dub reggae de fonctionne bien mieux qu’il ne devrait sans doute le faire. Ça fait vraiment un joli changement d’entendre un trombone sur un album comme celui-ci, c’est sûr.
KMFDM ont survécu si longtemps qu’ils sont devenus une institution et un incontournable dans le monde de la musique alternative.« Ennemi » est l’un de leurs efforts les plus forts et les plus divertissants à ce jour, et une preuve supplémentaire qu’une identité singulière vaut son pesant d’or. Vivement l’album numéro 25.
