.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Pelican

1ère partie : Nedgeva & Amen Ra

Le : 09-08-2004

Lieu : Strasbourg, Le Café des Anges

compte rendu proposé par johan et publié le 12-08-2004

La toute jeune association strasbourgeoise Sonic Death Monkey organise ce soir son tout premier concert, et quoi de mieux pour marquer les esprits que de faire venir un groupe aussi énorme que Pelican, la dernière grosse sensation du label Hydrahead ? Une venue assez surprenante, organisée presque à la dernière minute, à tel point que la date ne figure même pas sur l’affiche officielle de la tournée du groupe ! Et il en faut de l’audace pour accueillir ce groupe de Chicago qui a déjà partagé des affiches avec Isis ou Old Man Gloom, il faut ramener du monde, assurer une promo à la mesure du prestige du groupe en très peu de temps, et aussi miser un peu sur la chance pour que tout se déroule parfaitement.

21h30, le Café des Anges ouvre son sous-sol au public. 22h, la salle est pleine à craquer et il fait une chaleur apocalyptique difficilement supportable. Qu’importe, les trois petits gars de Nedgeva sont bien décidés à faire remuer le public avec leur rock mélodique et puissant à la Year Of The Rabbit. Il faut bien avouer que ce groupe n’a pas vraiment sa place dans cette soirée dont le maître mot serait plutôt « chaos », mais un groupe du coin ça peut toujours ramener une dizaine de potes/fans. Et finalement leur set semble plaire au public qui reste jusqu’au boût pour apprécier ces quelques notes brutes de décoffrage tartinées de refrains accrocheurs et de mélodies sympatoches. Cinq ou six titres seulement mais c’est suffisant, surtout qu’on commence à voir la sueur s’évaporer des corps et les bières fraîches du bar font de l’œil à beaucoup de monde.

Une vingtaine de minutes plus tard, et une fois la petite centaine de présents désaltérés, voilà qu’Amen Ra se ramène pour infliger à nos tympas une tornade de décibels mémorable. La musique de ces cinq Belges est nettement plus dans le ton de la soirée, à l’image des tee shirts des membres du groupe qui semblent être de gros fans du label Hydrahead ! Leur musique est donc lourde, intense et répétitive, on peut penser aux premiers travaux d’Isis avec ce chant hurlé et passionné. Les titres sont longs, torturés, suffisamment pour palper l’attention du public qui reste scotché devant le jeu de scène de ce jeune groupe prometteur. Dommage par contre que sur disque on ne retrouve pas la même densité de son.

Le temps de monter une batterie absolument imposante et de faire deux ou trois balances, et Pelican s’installe, le plus modestement du monde, lachant même quelques vannes à ceux qui viennent leur parler. Un groupe Hydrahead accessible et souriant, c’est presque surréaliste ! Il y a d’ailleurs un Français dans le groupe qui semble très heureux et motivé de jouer pour la première fois dans son pays d’origine. L’ambiance est donc décontractée, mais à l’instant même où la première note de basse fait vibrer le sol, les visages se font plus graves, plus sérieux. Car la musique de Pelican est complexe et intense, du post hardcore purement instrumental à la frontière du post rock, ça ne s’écoute pas le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. Tout le monde reste bouchée bée devant ce son impeccable et puissant, en particulier lors des deux premiers morceaux qui prennent une dimension presque metal. Le set est tout simplement énorme, pas la moindre faute, pas le moindre ennui technique. Seul regret : le groupe ne fait pas évoluer ses morceaux sur scène, et alors que beaucoup imaginaient quelques improvisations ou délires scèniques, ils n’ont eu droit qu’à des versions lives des titres de l’album ou de l’EP. Petit bémol donc, mais heureusement que les quatre gaillards nous gratifient d’un titre inédit vraiment passionnant, peut-être même le meilleur des cinq joués ce soir (cinq titres oui, mais cinq titres dépassants les dix minutes). Cerise sur le gâteau, la chaleur s’est faite plus supportable durant ce concert inoubliable qui ne peut que nous faire dire que Pelican est le summum du chaos lyrique.

A voir également :

http://www.hydrahead.com/pelican/

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