.:.Chronique.:.

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J.R. Plankton

Neon

[Karaoke Kalk::2012]

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Le krautrock n'aura jamais été plus à l'honneur que ces dernières années. Son influence est toute puissante et nombreux sont ceux qui, aujourd'hui s'en réclament. Et alors que ceux qui l'ont créé disparaissent peu à peu on s'approprie le genre pour le remettre au goût du jour. Jens Strüver et Robert Ohm clament haut et fort cette filiation au point de dédier ce disque à Conrad Schnitzler dont le décès récent aura affecté tous les amoureux du genre. Enfin, Neon, n'est pas dédié qu'au krautrock, loin s'en faut, mais c'est l'une de ses données les moins négligeables. Aux élans kraftwerkiens répondent des structures technoïdes du plus bel effet (avec même des tendances un peu funky sur les bords...). Le krautrock se modernise, mute, grandit et n'en finit plus sa cure de jouvance. J.R. Plankton prouve que nous sommes loin d'en avoir finit et que les sources d'inspirations ne se sont pas encore taries. En construisant des morceaux synthétiques aux répétitions évolutives, J.R. Plankton se montre plus passionnant qu'on ne l'aurait cru. Neon évite intelligemment d'être trop didactique ce qui aurait, à coup sur, enlevé toute forme de spontanéité. Bien au contraire, ce disque est d'une nature plus souple et plus tourné vers des espaces qui sont tout ce qu'on veut sauf restreints. En même temps c'est un peu le propre du krautrock, un genre qui refuse d'être en roue libre et de se contenter des recettes toutes faites. J.R. Plankton comme les Can, Neu !, Faust et autres Amon Düül, est toujours dans une sorte de mouvement qui tend vers l'infini. En ce sens Strüver et Ohm vont de l'avant, suivent une ligne mais peuvent bifurquer à tout moment sans donner l'impression que tout ceci ne serait qu'improvisation ou le fruit du hasard. Non, tout ici est pensé, calculé tout en se donnant les moyens d'avoir cette touche cérébrale qui vous fait jubiler sans que vous sachiez vraiment pourquoi. Rien à voir donc avec un intellectualisme de pacotille. Avec une musique qui aurait pu paraître dâtée, J.R. Plankton parvient à donner une version moderne du krautrock. Une parmi tant d'autres car, on vous l'a déjà dit, le genre ne prétends pas répondre à des dogmes précis, ce qui le rend particulièrement imprévisible et joussif à la fois. Et Neon résume parfaitement la situation.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-04-2012

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