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Pochette

Pierre

Le : 09-11-2004

Lieu : Dans son salon

propos recueillis par Claire et publiés le 23-01-2005

Pierre est un chanteur à part, d'une productivité impressionante. C'est autour de la table de son salon, avec une bonne bière à la main, que nous nous sommes rencontré, pour parler de sa musique et de son groupe, les Urchins.

Liability : Quand on connait un peu tes productions, on a l’impression que tu es tombé dans le chaudron de la musique quand tu étais tout petit… Comment as-tu commencé ?

Pierre : J’ai commencé à faire de la musique pendant mon service militaire, en 98. Pour ne pas me faire chier, il fallait vraiment que je trouve quelque chose à faire. Comme j’avais déjà commencé à écrire des chansons, j’ai décidé de m’y mettre sérieusement. J’ai acheté un 4-pistes. Je me suis lâché, j’ai dû écrire 25 chansons en 10 mois. J’ai fait écouté ça à des potes qui trouvaient ça pas mal.

Liability : Tu étais musicien, déjà ?

Pierre : Ouais, depuis tout petit… j’ai fait du piano classique à l’école de musique. Après, j’ai appris la guitare tout seul, mais bon, j’ai une grosse formation en solfège. Après, je ne sais pas si ça me sert vraiment, le solfège. Sans doute, de façon inconsciente, parce qu’en fait, j’ai une approche très instinctive de la musique. Je pars de sentiments, de mélodies. Je ne me pose pas de questions en termes d’harmonies ou de solfège.

Liability : Et après ton service militaire ?

Pierre : Ben en fait, j’ai trouvé un boulot qui me plaisait, et j’ai complètement laissé tomber. Je n’avais pas le temps ; je ne faisais presque plus de guitare, plus de piano. Puis au bout de deux ans, j’ai eu envie de reprendre. J’ai acheté un ordinateur, des logiciels de son, et je me suis remis à écrire des chansons qui n’étaient pas forcément terribles au début, mais qui s’amélioraient au fur et à mesure. En 2001, pendant 6 mois, je n’ai pas arrêté.

Liability : Tu enregistres tout ce que tu composes ?

Pierre : En gros, je n’ai jamais laissé tomber une chanson. Presque chaque fois que j’ai une idée, ça fait une chanson, et quand j’ai assez de chansons, ça fait un disque et puis voilà. Ca me sert à démarcher les petits labels, et les journalistes, à me faire connaître.

Liability : Les Urchins, c’est un projet que tu veux différent, ou c’est parce que tu voulais t’entourer d’un groupe pour étoffer ta musique ?

Pierre : C’est un groupe dans la continuité de ce que je fais, puisqu’on ne joue que mes chansons. Les deux autres membres du groupe, Claude (batteur) et Laurent (bassiste), ont un apport au niveau des arrangements, principalement. Claude, c’est marrant, parce que je l’ai rencontré par petite annonce, et on s’est super bien entendu. On a monté le groupe tous les deux. Pour jouer sur scène, je voulais vraiment avoir un vrai groupe, parce que les gens sont moins réceptifs quand il s’agit d’un mec tout seul avec sa guitare. Au début on jouait avec une bassiste et un mec au clavier, mais on s’est un peu disputés et ils sont partis. On s’est retrouvé tous les deux, Claude et moi, et c’est là qu’on a rencontré Laurent. Je pense qu’on va garder cette forme trio, c’est bien, pour jouer. C’est bête à dire, mais moins on est nombreux sur scène, moins ça revient cher. Après, il faut être suffisamment bon musicien pour assurer sur scène, mais trois personnes, c’est vraiment un bon équilibre. En plus, t’as plus de place pour jouer…

Liability : Est-ce que les membres du groupe interviennent dans la composition ?

Pierre : En fait, j’ai un stock de chansons assez important, donc on pioche dedans. Mais les chansons à la base, c’est un texte et une mélodie. Ils interviennent forcément sur la façon dont on va la jouer. Avec eux, il y a une sensibilité plus rock, plus brutale, mais c’est toujours la même chanson, quand même.

Liability : Quand on regarde tes albums, il semble que chacun ait un style musical particulier. A quoi c’est dû ?

Pierre : Les albums sont vraiment fait par ordre chronologique. Après les chansons sont un peu dans le même style, parce qu’à ce moment là, je suis dans un état d’esprit particulier. Mais j’aime plein de trucs différents. J’aime bien le folk, et ça s’entend dans mes chansons. My Own est un album que j’ai réellement voulu à tendance folk. J’aime bien l’électro, aussi. J’aime aussi le reggae, même si ça ne s’entend pas dans mes chansons.

Liability : Et Marie est un membre à part entière du groupe, où elle chante en gest avec toi, à l’occasion ?

Pierre : Avec les Urchins, elle ne chante pas, parce qu’elle n’a pas le temps. Par contre, on fait des concerts acoustiques tous les deux, où elle chante, elle fait les chœurs ; elle joue de la flûte, aussi. J’aimerais bien faire plus de trucs avec elle, mais après, c’est une question de temps. On a fait un album, Pierre with Marie, où elle chante tous les morceaux. C’est un album assez électro, assez cheap. Il est marrant, en fait, cet album.

Liability : J’ai l’impression que tu passes vraiment ton temps à ça, à faire des chansons, à t’occuper de ton groupe.

Pierre : C’est vrai, mais en ce moment, je suis un peu au creux de la vague, j’en ai un peu assez de m’agiter pour rien. On fait plein de choses, on fait quand même des concerts, mais j’aimerais que ça marche mieux, avoir plus de retours. Mais ça va revenir !

Liability : Vis-à-vis des labels, est-ce que ce n’est pas aussi parce que tu touches à tout ? Ils aiment bien les groupes un peu installés dans un style musical donné.

Pierre : C’est possible. Par exemple, j’avais fait écouter My Own et Rsrchn’ à un gars d’un label ; il avait beaucoup aimé My Own, alors que Rsrchn’, qui est beaucoup plus électro n’est pas du tout passé. Du coup, il n’y avait pas eu de suite. Mais moi, je n’ai pas envie de me poser ces questions. J’aime faire les deux, donc c’est à prendre ou à laisser. Finalement, je pense que ces deux univers sont cohérents ; dans les deux cas, c’est moi, je ne suis pas schizophrène !

Liability : My Own, semble être un album particulier, dans ta création. Tu as fait quelque chose de spécial ?

Pierre : Je me suis plus investi dans la promotion, sans doute. Avant My Own, je faisais un album tous les trois mois, donc les médias n’arrivaient pas à suivre, forcément. Il y a eu quelques chroniques, mais ce n’est pas l’euphorie. Par contre My Own, c’est ma meilleure vente, j’en ai vendu plus de 200, ce qui est quand même une performance pour un gars tout seul dans son coin. Ca m’a fait connaître. Après, la production est peut-être plus travaillée, mais les moyens techniques restent limités.

Liability : Tu as également fait des compilations. Les morceaux sont retravaillés, ou tu les laisses comme à l’origine ?

Pierre : Non, ce sont vraiment des compilations, faites principalement pour offrir un peu un panorama de ma musique aux gens. J’ai un projet, qui serait de faire une grosse compilation, qui me servirait un peu de book.

Liability : Tu chantes tout le temps en anglais ?

Pierre : Oui, à 100 %. En fait, j’écoute surtout de la musique anglophone, et je maîtrise bien la langue, donc pour moi, ça coule de source. J’ai fait des tentatives, parce que j’ai pas d’a priori : j’ai essayé d’écrire des paroles en français, mais je trouvais ça vraiment à chier, donc j’ai laissé tomber ! Peut-être qu’un jour je m’y remettrai, mais pour l’instant, l’anglais me satisfait. En fait, choisir de chanter en anglais ou en français, c’est comme choisir de mettre une guitare électrique ou une guitare acoustique. C’est vraiment un choix musical. L’anglais a des caractéristiques sonores qui sont plus compatibles avec le rock.

Liability : Sinon, pour ta promo, tu utilises pas mal le Web, visiblement. Utilises-tu d’autres moyens ?

Pierre : En fait, Internet, c’est un des moyens les plus faciles. J’ai aussi contacté Magic, par exemple qui a écrit quelques trucs sur moi, j’ai aussi contacté plein de labels, quelques radios, aussi. Mais les radios, c’est difficile de savoir, parce qu’on leur envoie des albums, mais je ne sais pas s’ils me diffusent. Mais en fait, la promo, c’est assez pénible, parce que tu passes ta vie à courir après les gens. Quand il s’agit de ton propre groupe, tu n’as pas assez de recul, t’as l’impression que les gens ne t’aiment pas. Si c’est quelqu’un qui fait ça pour toi, il a sans doute plus de distance, par rapport à ça.

Liability : Vous arrivez à faire pas mal de concerts ? Il y a des retours ?

Pierre : Notre but, c’est de faire un concert par mois ; on arrive à peu près à tenir le rythme. Mais on ne fait pas des salles qui assurent vraiment la promo, non plus. Dans les bars, quand on joue, on ramène nos potes, mais ça ne va pas beaucoup plus loin. Mais Internet, c’est bien, on rencontre des gens, mais faut pas se leurrer, tu es noyé dans la masse, les retours ne sont vraiment pas grands par rapport à l’investissement.

Liability : Dernière question : est-ce que tu vas porter plainte contre le fils d’Alain Souchon qui t’a piqué ton nom de scène ?

Pierre : Ben non, il a le droit de s’appeler Pierre… En fait, ça m’a fait marrer quand j’ai appris ça…

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