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Margo

Le : 15-08-2004

Lieu : Saint Malo, pendant la Route du Rock

propos recueillis par Claire et publiés le 26-09-2004

C’est sur la plage de l’Eventail à Saint Malo, dimanche après-midi, que nous avons rencontré les deux membres de Margo, sous le soleil précédant le déluge, avec en fond sonore le dj-set de Colleen.

Liability : Bonjour. Commençons par les présentations : je suis Claire, pour le webzine Liability…

Mélanie : Mélanie : Dans Margo, je chante et je joue aux claviers.

Jean-François : Jean-François, et… je fais tout le reste.

Liability : Il en manque un, non ? Vous n’êtes pas trois, normalement ? (c’est en tout cas ce qui est indiqué sur leur site internet, ndlr).

Jean-François : Non, non, Margo, c’est seulement nous deux, maintenant.

Mélanie : Mais on a aussi un batteur, qui joue avec nous pour les concerts.

Liability : Comment l’aventure Margo a-t-elle commencé ?

Mélanie : Classiquement : on s’est rencontré au lycée, et par la suite on a fait les mêmes études. Jean-François avait un projet, moi je chantonnais dans mon coin. On a commencé Margo en 1999, avec deux autres copains.

Liability : Et pourquoi “Margo” ? D’où vient ce nom ?

Mélanie : (petit sourire en coin) Euh… comme ça…

Jean-François : Non, en fait, c’était le nom d’un petit chat qu’on trouvait super mignon.

Liability : Votre premier album, “The Catnap” est sorti en 2002. Qu’avez-vous fait pendant ces trois années ? des démos ? des concerts ?

Mélanie : Oui, on a fait un peu de scène. Pas beaucoup, parce qu’en fait, on n’est pas vraiment un groupe de scène… Mais on a enregistré l’album en 2001. Et puis, à l’époque, on faisait aussi nos études, en même temps. On ne s’est pas vraiment pressé : on a composé, et quand on a été prêts, on a fait l’album.

Jean-François : Et puis dans cette période, on a aussi sorti une démo.

Mélanie : Oui, enfin, elle est restée assez confidentielle ; on ne peut pas dire qu’elle soit vraiment sortie…

Liability : Quelles sont vos influences musicales ?

Mélanie : The Cure ! Ca va surtout s’entendre sur notre nouvel album.

Jean-François : Neil Young, To Rococo Rot, aussi.

Liability : Le deuxième album sera plus rock n’ roll que le premier, alors ?

Mélanie : Oui, il est plus rythmé, c’est vrai.

Liability : Mais l’ambiance de “The Catnap” est assez particulière, assez nouvelle, à l’époque. Quelle musique vous a imprégné, à ce moment ?

Mélanie : Non, il y avait quand-même déjà plusieurs groupes qui faisaient de l’électronica. En tout cas, on écoutait des groupes du label Morr Musique, par exemple.

Jean-François : Oui, on écoutait ça, mais en fait, ce sont des groupes qui ont commencé à peu près en même temps que nous.

Liability : Votre premier album est sorti chez Peter I’m Flying. Vous avez galéré, pour trouver un label ?

Mélanie : Non, pas trop. Ca s’est passé assez simplement : ils sont venus nous voir à un concert. Ils nous ont dit que notre musique leur plaisait. Ils nous ont proposé de signer chez eux. On a dit OK. En fait, le label venait de se monter ; on a été leur première signature.

Liability : C’était un peu l’aventure, quand même, non ?

Mélanie : Ben de toute façon, on ne savait pas du tout comment ça marchait, normalement. Donc que ce soit avec eux ou avec un autre label, pour nous, c’était la même aventure.

Liability : Votre nouvel album était prévu pour début 2004. Il y a eu un problème concernant sa sortie ?

Mélanie : A vrai dire, on s’y est un peu mal pris. Et puis on n’était pas très satisfaits de ce qu’on avait fait ; on a recommencé des choses.

Jean-François : Et puis aussi, fin 2003, notre premier album a été réédité pour sortir en Angleterre et aux Etats-Unis. Du coup, on est partis là-bas faire une tournée et la promo du disque. Ca a aussi repoussé la sortie de l’album.

Mélanie : Et finalement, il devrait sortir au mois de novembre. Mais c’est vrai que dans l’intervalle, on n’a pas été très présents.

Liability : Oui, sincèrement, après la sortie de “The Catnap”, je me suis un peu demandé si Margo existait encore…

Mélanie : C’est vrai qu’on ne fait pas beaucoup de concerts. En plus, avec le départ des deux autres musiciens, c’est vrai qu’on pouvait se poser la question. Beaucoup de personnes nous ont demandé ce qu’il en était.

Liability : Vendredi après-midi, vous étiez programmé sur cette plage pour un DJ-set. J’imagine que la manière d’aborder ce type de show est très différente que pour un concert.

Mélanie : En fait, c’est Jean-François qui a mixé tout seul…

Jean-François : Oui, ça n’a rien à voir. Je n’ai pas passé du tout notre musique, en fait. J’avais amené pas mal de vinyles, et aussi des boucles préparées sur ordinateur. J’ai passé Joy Division, Autechre, Mélanie…

Liability : Mélanie ?

Mélanie : (rires) Non, pas moi ; la chanteuse Mélanie… Il a aussi passé du Sonic Youth, Brian Eno ; DJ Shadow aussi. En fait, c’était assez cool, mais noisy quand même.

Jean-François : Mais je ne suis pas un pro des platines ; j’ai rarement fait ça, avant. L’ordinateur m’a permis de préparer pas mal de trucs à l’avance.

Mélanie : Oui, ça permet de faire des choses plus subtiles, de trouver LE passage dont on va faire une boucle.

Jean-François : Avec les vinyles, on passe son temps à chercher le passage qui nous intéresse ; mais en fait, ce n’est pas si stressant que ça.

Mélanie : Et puis là, c’est quand même cool : on est à la plage, face à la mer, il fait beau, les gens qui nous écoutent sont allongés sur le sable…

Liability : Sinon, quand vous faites de la scène, ça se passe comment ? Il y a pas mal de guitares, non ?

Mélanie : Oui, c’est vrai, il y en a plus que sur l’album. Et maintenant, on n’utilise plus du tout de programmation. Au début, on s’en servait pas mal, surtout pour faire les rythmes. Mais ce qu’on cherche à rendre sur scène, c’est une ambiance particulière. C’est un vrai concert, ce n’est pas un spectacle théâtralisé, mais par exemple, on utilise aussi la vidéo.

Liability : Vous allez tourner, pour la sortie de l’album ?

Mélanie : Tourner, c’est un bien grand mot ; on va faire quelques dates, oui. On devrait jouer avec Playdoh aussi. Ca va simplifier les choses puisque leur batteur joue avec nous.

Liability : Ah ? C’est lui votre batteur ?!

Mélanie : Oui. Du coup, pour lui ces soirées risquent d’être assez fatigantes…

Liability : Avec Liability, on a déjà organisé un petit festival, en février dernier. Est-ce que pour une prochaine édition, vous seriez prêts à jouer pour nous ?

Mélanie : (tout sourire) Bien sûr ! En fait, on a eu un manager assez… euh… spécial, qui nous a un peu fait une réputation de groupe snob. Mais ce n’est pas du tout le cas. On aime beaucoup jouer dans des petites salles, aussi, c’est plus intime.

Liability : Il vous faut juste un écran, quoi…

Jean-François : Non, pas forcément. S’il n’y en a pas, on fait sans.

Mélanie : Oui, c’est vrai. D’ailleurs on a appris que certaines salles ne nous ont pas programmé uniquement parce qu’elles pensaient qu’il nous fallait cinq vidéo projecteurs et tout un tas d’équipement…

Liability : Vous étiez programmés vendredi après-midi, et vous êtes restés les trois jours. Vous vous êtes transformés en véritables festivaliers, maintenant ?

Mélanie : Oui. Même si on n’avait pas étés à l’affiche, je pense qu’on serait venus quand même. La programmation était vraiment bien, en fait. Mais là, ce qui est cool, c’est ce petit truc magique (secouant son poignet avec le bracelet argenté qui caractérise les artistes du festival), qui nous permet d’accéder partout.

Liability : Quels groupes vous ont plu, jusqu’à maintenant ?

Mélanie : Air ! C’était super ! Lali Puna, aussi. Et Peaches, c’était marrant.

Jean-François : Phoenix aussi, c’était bien ; TV on the radio aussi…

Mélanie : (riant) en fait toute la soirée d’hier était bien ! Il y avait aussi Nouvelle Vague, hier, à la plage.

Liability : Ah ? Je n’ai pas vraiment accroché à l’album, en fait.

Mélanie : Moi non plus à vrai dire, mais en concert, c’est vraiment bien. Il y avait deux des chanteuses, sur scène ; une d’elle est même allée se baigner en plein milieu, c’était marrant. Sinon, vendredi, j’ai bien aimé Deus, aussi. Et puis Velma, au Palais du Grand Large, c’était impressionnant.

Liability : Bon, je vais vous laisser continuer à profiter du festival, alors.

Jean-François : On va se rapprocher pour écouter le mix de Collen, maintenant.

Mélanie : Oui, ça a l’air bien, ce qu’elle fait. Peut-être qu’on se recroisera au fort, ce soir.

Merci à Margo, et aussi à Anaïs qui s’est démenée pour que cette interview puisse avoir lieu.

A voir également :

http://www.margo.ue.st/

http://www.peterimflying.com/

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