.:.Interview.:.

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Savary, Charlotte

Le : 16-11-2016

Lieu : Nantes, Trempolino

propos recueillis par Fabien et publiés le 01-03-2017

Charlotte Savary est généralement connue pour sa participation à Wax Tailor. Ce que l'on sait moins ou que l'on a eu tendance à oublier c'est que la jeune femme a eu et a encore une vie artistique autour de ce groupe. D'abord avec Clover puis avec Felipecha mais aussi en solo. Et c'est dans ce cadre que l'on rencontre Charlotte Savary qui vient de sortir son premier album solo, Seasons. Autour de ce disque on découvre une personne attachante qui sait ce qu'elle veut et qui n'a pas la grosse tête. Interview à la cool.

Liability : Bonjour Charlotte, ton dernier album, Seasons vient de sortir au mois d'Octobre (le 17. Comment on se sent une fois que tout est fini, que le disque est sorti  ?

Charlotte Savary : Et bien, je l'apparente un petit peu à un accouchement. Il y a eu un certain plaisir à accoucher de ce projet et, aussi, il y a eu une phase quand même un peu baby blues c'est à dire, là, on déploie beaucoup d'énergie pour quelque chose qui nous tient énormément à cœur et c'est sur que le monde ne s'arrête pas de tourner. Alors évidemment, il y a une petite phase de flottement mais heureusement j'ai pas mal de choses, des concerts, des showcases pour agrémenter la sortie. Du coup, ça donne cette sensation là que j'ai fait beaucoup de choses seule sur ce projet que ce soit au niveau décisionnel, direction artistique, trouver des partenaires, des gens avec qui j'ai travaillé. J'ai trouvé des musiciens. On m'a aidé bien sur mais j'ai énormément travaillé sur ce projet et j'ai eu beaucoup de mal.

Liability : Là, ça fait plusieurs années que tu participes à plusieurs projets. Il y a eu Felipecha, Wax Tailor. Il y a eu ton premier groupe qui était Clover. C'était il y a déjà quelques temps. Est-ce que c'est une démarche différente pour toi, ce projet solo  ?

Charlotte Savary : Déjà, la démarche est différente au niveau de la composition parce que c'est vraiment des choses que j'ai fait à partir de mon univers intime, des choses que j'ai raconté personnellement, sans aucunes contraintes, sans aller retour avec un autre compositeur ou un musicien. Donc, déjà, c'est un peu plus personnel. Ca peut partir dans tous les sens, ne sachant pas toujours ce qu'on a envie de raconter. C'est vrai qu'au départ, j'ai composé sans y penser et finalement je me suis aperçue qu'il y avait pas mal de morceaux qui étaient dans cet univers ancré dans des saisons et dans une histoire amoureuse qui se finissait il y a peu quand j'ai commencé à entrevoir ce concept. Tout est organisé autour de ça mais effectivement quand on est seul on peut partir dans tous les sens et cette liberté là est intéressante mais elle peut aussi être déstabilisante. Parce que c'est aussi la première fois qu'il n'y a personne pour me dire tel morceau plutôt qu'un autre. Donc, voilà. On est livré à soi même mais c'est une belle expérience. La différence aussi, c'est que sur les projets précédents j'étais dans un label, au sein d'un groupe, avec un certain nombre de partenaires, un manageuse et dans ce projet c'est moi qui doit développer, trouver les partenaires. Je me suis posée la question de comment je voulais le sortir, dans quelles conditions, sous quelle format. Et du coup c'est une expérience totale, j'ai beaucoup appris et cela a été assez passionnant à faire.

Liability : Tu l'as un peu évoqué tout à l'heure. Seasons parle d' une histoire, d'une relation amoureuse qui est mise en parallèle avec les saisons. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

Charlotte Savary : En fait, c'est vraiment une histoire très personnelle. J'ai eu une longue histoire de sept ans et celle-ci a commencé à se défaire à la fin de l'été et au début de l'automne. En hiver j'ai vécu une période de deuil et au printemps ce fut une période de renouveau. Donc, en fait, cette histoire, cet album, ce sont toutes les phases et évolutions émotionnelles qui me sont arrivées mot pour mot. Cela a été une expérience incroyable et de l'avoir ressenti surtout au moment où les saisons se passaient. C'est vrai que quand on pense à l'hiver par exemple on peut penser au réconfort d'un feu ou a tout ce qui est glacé, ce qui s'arrête. Et donc pour moi cela a été assez étrange et c'est pour ça que cela s'est ressenti dans la musique, de vivre ces émotions à ce moment là. Au moment de l'automne où la nature commence à tomber et au moment où ma relation est en train de périr. Du coup, je me suis retrouvée dans une situation où j'ai absorbé tout ces éléments au moment où je le vivais. Du coup, cela a été super intéressant pour moi de me dire comment je voulais que ça sonne. Derrière, quels instruments je voulais utiliser pour symboliser ces zones là. J'avais des images en tête. J'avais un automne boisé, feutré, avec des cuivres, du corps, un univers pas forcément gelé mais avec du reverb. Après j'ai choisi de commencer par l'été parce que j'ai commencé par l'histoire d'une relation qui va bien et après avec toute cette phase de délitement et de renouveau. Je pense que ce disque on peut prendre les saisons et les écouter individuellement comme on peut l'écouter d'un trait comme un cycle qui recommence.... Il y a plein de gens qui m'ont parlé des morceaux et qui pensaient que je racontait autre chose sans forcément savoir que c'était une histoire d'amour. Donc, par exemple, sur Winter on m'a demandé « est-ce que tu as une sœur qui est morte ? ». Du coup, je pense qu'il faut vraiment s'approprier l'album avec son côté cyclique et ce avec plein de manière différente. C'est ça que j'aime bien.

Liability : Justement, tu nous dit que c'est une histoire très personnelle. Est-ce que c'est plus difficile dans ce cas de le retranscrire en musique ?

Charlotte Savary : Non, je trouve ça plus simple parce que je suis quelqu'un qui ne sait pas trop tricher en musique. Donc, quand je me dis tiens, je vais faire une chanson, je vais parler de ça et je n'y arrive pas. Je fais des trucs et le texte m'arrive comme ça. Après c'est plus simple comme ça dans la composition et l'inspiration. Après, c'est sur que quand on raconte des choses très personnelles on se met à nu. Mais je pense aussi que le fait de le faire en anglais (parce que je suis bilingue, mais pas de langue maternelle) était important dans cette esthétique folk américaine et cinématique. Mais, mine de rien, c'est aussi une facilité de partir dans une langue qui est proche de moi. Par contre, je me souviens qu'avec Felipecha les mots pouvaient m'intimider, certains mots plus cru que d'autres. Ce n'est pas le même rapport à la langue. Et puis, il y a un côté plus simple.

Liability : Tu avais peur que le français soit quelque chose de plus immédiat ?

Charlotte Savary : Non, je ne me suis pas posée la question en ces termes parce que ma culture musicale est anglo-saxonne... Ce n'était pas pour que les gens comprennent plus ou moins. En fait, j'aimerai que les gens comprennent plus. Surtout en France, et j'espère qu'un jour j'aurai l'occasion de chanter mes morceaux aux Etats Unis parce que même quand on y va avec Wax Tailor le fait que les gens écoutent les paroles, ça me donne un souffle supplémentaire. C'est une autre dimension que les gens comprennent plus. Et donc, du coup, effectivement, le français cela aurait été plus intéressant. J'ai envie que les gens comprennent ce que cela raconte. Je n'ai pas envie de cacher les choses particulièrement.

Liability : Tu nous dit que c'est un projet plutôt folk. C'est éloigné de Wax Tailor. La folk c'est quelque chose qui t'intéressait déjà depuis longtemps ?

Charlotte Savary : C'est un style, la folk, l'indie en général, l'alternatif, l'indie-pop, ce sont mes styles préférés. C'est ce que j'écoute le plus depuis toute jeune. Je suis partie naturellement là dedans. C'est ce qui me porte le plus. Après cela ne veut pas dire que je ne ferai pas quelque chose de différent sur un deuxième album. J'adore plein d'autres styles. C'est pour ça que je suis dans Wax Tailor. J'aime les musiques noires, la soul, la funk, le jazz mais c'est vrai qu'il y a truc entre moi et la folk. J'en écoute énormément et ça me touche beaucoup. Ca a quelque chose de cinématique, ces guitares qui cavalent ça m'emporte. Et il y a toujours une intimité, une proximité et une vérité là dedans. Il y a quelque chose d'un peu plus sincère que la pop qui va chercher des gimmicks. Il y a des gens comme Bob Dylan qui vont vous raconter des choses comme une litanie, comme dans un conte avec sincérité.

Liability : C'est ce que tu voulais retranscrire ?

Charlotte Savary : Oui, parce que je raconte des choses vraies et sincères donc ça se marie bien.

Liability : Justement, il y a des artistes qui t'ont influencé ou pas du tout ?

Charlotte Savary : C'est toujours un peu difficile de parler de ses influences, de savoir en quoi elles rentrent dans la composition. En général on le voit plus dans les gens qui ont écouté l'album. Là j'ai eu des retours assez étonnant. On m'a parlé de Marianne Faithfull alors que je ne l'écoute absolument pas. J'écoute des tas de groupes, comme tout le monde et en folk des tas de choses. J'ai écouté dernièrement Thomas Dybdahl, Joni Mitchell. Après, savoir si je te citerai toute la liste de mes influences je ne saurai pas en quoi elles entrent dans la composition.

Liability : C'est quelque chose d'inconscient ?

Charlotte Savary : Oui, c'est complètement inconscient. Du coup, je préfère qu'on me le dise. J'aime bien qu'on me dise :"tiens, ce morceau là, ça me fait penser à...". Pour l'instant on m'a comparé à des artistes qui sont complètement différents vocalement. Ca m'a plaisir parce que je me suis dit qu'il n'y avait pas une comparaison évidente et immédiate. Comme une artiste féminine qu'on pourrait citer comme ça.

Liability : Justement, il y a Léonard Cohen qui est décédé il n'y a pas très longtemps. C'est quelque chose qui t'as touché ou pas du tout ?

Charlotte Savary : Ah oui, beaucoup plus que Bowie et Prince. J'aime beaucoup leur musique mais il n'y avait pas une part émotionnelle aussi importante que Léonard Cohen qui m'a toujours beaucoup touché. Quand je voyais des photos de lui, son physique, tout me touchais. Une belle personne et sa poésie m'a toujours parlé.

Liability : Tout à l'heure, tu parlais de Bob Dylan. Dylan, prix nobel de littérature, ça t'inspire quoi ?

Charlotte Savary : Les prix ça ne me dit pas grand chose. C'est bien pour lui. C'est une consécration supplémentaire. Et toi, t'en penses quoi ?

Liability : J'en pense pas grand chose, en fait...

Charlotte Savary : Oui, c'est ça. C'est un collège de personnes qui se congratulent. Je n'ai jamais trop suivi ces choses là, j'avoue. Après, je trouve que Bob Dylan écrit très bien, c'est un parolier génial, mais est-ce qu'on peut qu'un artiste, qu'un parolier peut être prix Nobel de littérature, pourquoi pas. Léonard Cohen a écrit de véritables poèmes quand on lit ses textes. C'est incroyable. Ce n'est pas juste des paroles de chanson mais c'est encore autre chose. C'est bien de créer des passerelles entre les mondes.

Liability : Là en ce moment, tu es en train de tourner avec Wax Tailor. Nous sommes actuellement à Nantes pour le concert de Wax Tailor à Stereolux, mais en ce qui concerne ton album, qu'est ce qu'il y a de prévu ?

Charlotte Savary : Je vais faire des dates dès que le planning me le permet. J'en ai deux qui sont prévues en janvier et j'espère d'autres qui devraient arriver en février, mars. Voilà, donc, c'est vraiment en fonction de mes dispos. Je vais jouer aux Trois Baudets le 6 janvier, à Caen par la suite et pour les autres dates il faudra suivre sur les réseaux sociaux ou autres.

Liability : Donc là, il y a donc une double actualité puisqu'il y a ton album et celui de Wax Tailor. Pour ce dernier, comment ça s'est passé ?

Charlotte Savary : Il y a un an, JC (Jean-Christophe Le Saoût, tête pensante de Wax Tailor) m'avait dit qu'il envisageait un duo avec moi en Tricky. J'ai dit :"ouais, sympa, c'est cool" (rires). Non, j'étais super contente. Il n'était pas sur qu'on arrive à le faire et Tricky a répondu plus tard positivement. Il est même venu en studio et on fait des choses ensembles parce que beaucoup de personnes me posent la question de savoir s'il était vraiment en studio. Et oui, oui. On a préparé avec JC toute une maquette, Tricky est venu en studio et il a apporté sa touche. Donc, voilà comment ça s'est passé sur cet album.

Liability : Tricky, ça impressionne ? Tu avais des appréhensions de travailler avec lui ou pas du tout ?

Charlotte Savary : Je l'avais déjà croisé, en fait, sur un festival. Je l'avais trouvé hyper sympa. Tu imagines un anglais quoi. Bien la tchatche et assez sympa. Du coup, je n'avais pas d'appréhension particulière. Je ne suis pas quelqu'un qui suit impressionnée par la célébrité. Du coup, ce sont des gens que l'on croise, à qui on parle. Je n'appréhende jamais. Alors, peut-être que si tu me dis que je vais rencontrer Thom Yorke ou Damon Albarn je serai dans mes petits souliers mais, voilà, ça se compte sur les doigts de la main ces gens là qui pourraient me déstabiliser.

Liability : Oui, enfin bon, Tricky ce n'est pas n'importe quoi non plus.

Charlotte Savary : Non ! Je ne dis pas ça mais ce n'est pas pour moi comme un dieu vivant de la musique qui seraient plus difficilement abordable. Tricky ça m'a fait super plaisir mais je ne me suis pas dit :"mon dieu ! Comment il est ?". Le truc, c'est que je l'avais déjà rencontré. Ca enlève un peu l'effet de surprise (rires).

Liability : En ce moment, qu'est-ce que tu écoutes ?

Charlotte Savary : En ce moment, j'écoute beaucoup ce que tout le monde joue dans les loges. Alors ça va des gratouilles des guitaristes, j'écoute pas mal de soul, de funk, de choses un peu groovy. Mais moi, personnellement, j'ai beaucoup écouté de la folk. Pas des choses hyper nouvelles. Scott Matthews qui est un artiste que j'ai découvert, tu connais ?

Liability : Oui.

Charlotte Savary : J'adore ce qu'il fait. J'ai écouté les nouveaux albums d'artistes dont je ne me souviens plus le nom. J'ai pris un abonnement au streaming et du coup j'écoute plein de choses et d'autres. Scott Matthews donc, et des choses qui sont sortis depuis longtemps en fait. J'écoute souvent le même groupe et quelques nouveautés. Par exemple, Agnès Obel j'ai beaucoup écouté son deuxième album. Il y a des albums comme ça, quand je les aime, je les écoute encore, encore et encore. Je ne suis pas une hyperphage de la musique. Je découvre progressivement les artistes. Parfois je découvre un artiste qui a sorti un album il y a un ou deux ans. Par exemple je suis très fan de Devendra Banhart. J'ai bien sur écouté son dernier album mais le précédent, je l'ai écouté, pfff, pendant deux ans. Plusieurs fois par mois pendant deux ans au moins. Il y a des albums comme ça quand ils te touchent... Du coup, j'ai un peu écouté les mêmes choses. Devendra Banhart donc mais aussi Iron and Wine avec leur album Ghost on Ghost. Qu'est-ce qu'il est beau cet album. Pour moi c'est parfait, cette sorte de pop folk jazzy avec des harmonie de malade. Et dans les nouveautés, ouais, c'est clairement le Agnès Obel.

Liability : Et toi, personnellement, est-ce que tu es ce genre d'artiste qui a tendance à réécouter ce qu'il a déjà fait ou bien, une fois que c'est fini, tu passes à autre chose ?

Charlotte Savary : Alors, le truc c'est que quand tu as fait un album tu es obligé de l'écouter énormément dans un premier temps, écouter les masterings, les rendus. Là, il y a un vynil qui sort donc il a fallu écouter deux masterings différents. Au bout d'un moment quand cette phase là est passée, je ne l'écoute plus du tout. Et là j'ai eu le plaisir de le jouer en live dans plein de formules différentes, en guitare-voix, en groupe à 5, en trio avec un contrebassiste et un accordéoniste et pour moi c'était génial de faire vivre mes morceaux de manière différente. Par contre depuis, je n'ai pas trop réécouté et ce n'est pas plus mal. Par contre, en général, je pense que les artistes laissent reposer un peu parce qu'ils jouent beaucoup en live mais plus tard, il y a cette espèce de curiosité pour se rendre compte si c'était bien. Dernièrement j'ai écouté Felippecha dont l'album avait été réalisé par Manuel Armstrong qui a fait aussi le mastering sur mon album. Les dernières choses que j'avais écouté c'étaient les versions live et là j'avais l'impression de redécouvrir l'album. Donc, oui, j'aime bien laisser reposer pour pouvoir y retourner.

Liability : Et tu ne t'es jamais dit qu'il n'y aurait pas eu, avec le recul, des choses à changer ou qu'il n'y a pas de regrets à avoir ?

Charlotte Savary : Bien sur, j'ai eu cette sensation là. Peut-être pas sur tout un disque mais sur une partie de morceau ou dans certains albums si je les refaisais je ne les aurais peut-être pas fait comme ça. Pour cet album c'est sans doute un petit peu tôt mais le temps le dira mais pour le moment j'en suis vraiment super contente. Par contre il y a des choses dans le passé, (j'ai commencé la musique assez jeune, et donc j'ai connu toute une maturation au niveau des compositions ou de ma voix. Donc quand je réécoute Clover, j'entends ma jeunesse dans cet album. J'entends ma voix qui était fébrile et donc toute cette perspective, tout ce que tu as connu depuis en terme d'écriture, d'interprétation vocale, de vécu aussi. Et euh... C'était quoi la question ? (rires)

Liability : Tu me disais que tu étais satisfaites de ton album mais quels ont été les retours qui t'ont été fait ?

Charlotte Savary : J'ai des supers retours, j'ai été contente. Alors, il y a des gens qui passent à côté bien sur, parce que ce n'est pas leur style. C'est quand même un album assez doux et intimiste mais quand j'ai eu des retours c'était de la part de gens qui avaient vraiment écouté et qui ont été touché tout en étant bien plongé dans l'univers. Certains sont plus touchés par certains morceaux plutôt que l'album en entier mais souvent on me parle de douceur, que ça s'écoute dans une couette devant un feu. Alors oui, ça fait plaisir. J'ai aussi de bons retours sur la qualité de l'album, la réalisation, le travail de Manu, des musiciens, la pochette. Il fallait que ce soit qualitatif.

Liability : Ca motive ?

Charlotte Savary : Ouais. Ca fait plaisir et, du coup, ça justifie tout ce travail, le temps passé dessus. Oui, ça fait plaisir.

Liability : Là, une fois que l'album est fini, tu as déjà en tête d'autres projets ou pas du tout ?

Charlotte Savary : Je me suis mise à recomposer il y a deux semaines parce que justement on parlait de cette phase de baby blues. Je me suis dis que la solution était de m'y remettre tout de suite, de recomposer de nouvelles choses. Donc, bien sur, j'ai d'autres envies. Je me remets à la composition pour un numéro 2 mais je pars aussi sur la composition avec d'autres personnes. J'ai un projet en tête avec une amie musicienne dont je ne vais pas parler plus que ça pour l'instant mais bon, j'ai clairement des envies pour les années à venir.

Liability : En début d'interview on parlait de cette langue anglaise que tu utilisais pour l'album. Tourner dans les pays anglo-saxons ça te ferais plaisir ?

Charlotte Savary : Ca me ferait plaisir mais c'est compliqué. J'aimerai bien si j'en ai l'opportunité bien sur.

Liability : Qu'est-ce qui est compliqué par rapport à la France ?

Charlotte Savary : Pour tourner ? C'est compliqué partout, en France avec un projet folk américain. C'est aussi compliqué d'aller aux Etats Unis parce que tu n'es pas particulièrement attendue au tournant dans le sens où, bon, la folk ils ont tout ce qu'il faut. Mais il faut aussi trouver les productions qui te soutiennent, qui soutiennent aussi les projets scéniques et ça coûte beaucoup d'argent et moi, pour l'instant, je n'ai pas cette force de frappe. Donc oui, il faut trouver un tourneur aux Etats Unis qui te mette en première partie d'un de ses gros groupes mais il y a beaucoup de gens qui veulent le faire et peu qui y réussissent. Après, c'est un premier album donc il faut se donner le temps, la motivation de développer son artistique et, entre guillemets, son image, son projet. Et là comme je suis toute seule, c'est difficile. J'ai un tourneur pour la France et j'espère faire un minimum de date pour la France et on verra pour la suite. Pour les Etats Unis, je vais peut-être faire un peu de radio comme j'y pars un mois avec Wax Taylor et qu'il y a des radios qui ont bien aimé mon album j'aurai peut-être l'occasion de le jouer sur une session acoustique ou un truc comme ça, ce qui serait déjà pas mal. Ca me ferait plaisir de poser des petites pierres ça et là.

Liability : Et l'étiquette Wax Tailor ça ne peut pas aider pour ouvrir des portes ?

Charlotte Savary : Oui, ça peut aider forcément. On nous remets. Les gens savent de quel groupe il s'agit la plupart du temps même si tout le monde ne nous connait pas là bas. Par contre le fait que je sois très différente musicalement, ça, ça n'aide pas. C'est sur que si j'avais débarqué avec un projet trip-hop cela aurait été plus facile.

Liability : Pour finir, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?

Charlotte Savary : De pouvoir continuer à faire de la musique, à sortir des albums, d'avoir plein de projets différents. C'est ce que je souhaite.

Liability : C'est ce qui te motive le plus ?

Charlotte Savary : Dans la vie, oui. Peut-être que je ne serai pas dans la musique tout le temps mais pour l'instant j'ai encore des choses à dire.

Merci à Carole Chartaud qui a permis la rencontre.

A voir également :

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