.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Pointu Festival 2017 Jour 1

1ère partie :

Le : 08-07-2017

Lieu : Six Four Les Plages

compte rendu proposé par Fabien et publié le 31-08-2017

Très souvent on entends couiner que les festivals sont trop chers, que c'est un scandale, que les artistes sont trop gourmands que cela en devient la fête à neuneu. En fait, tout dépend par ce que l'on entend par trop cher. Si ce sont effectivement les piliers de bar qui le disent (et il y en a, n'en doutez pas), c'est effectivement un peu onéreux pour accéder à une buvette sans même avoir vu un seul concert ou alors écouter d'une oreille distraite tout en bavant avec une mauvaise foi crasse sur le groupe qui joue au même moment. On pense aussi au festivalier un peu pingre qui ne fait pas le calcul à ce que cela lui revient chaque concert qu'il aura pu voir (sauf s'il est pilier de bar) tout en maudissant les organisateurs qui eux, évidemment, roulent en Rolls et mangent du caviar dans des cuillères en or, alors que les les groupes de la prog il les aura vu dans différentes salles mais plus cher pour le coup. Allez comprendre. Les exemples comme cela on peut les multiplier, on y passerait la semaine.

Alors quand un festival propose une programmation des plus appréciables gratuitement et ce dans un cadre des plus sympathiques certains feraient mieux de fermer leur claque-merde. Mais, quand même, on arrive toujours à les entendre au loin, comme un écho. Peu importe. Sur la presqu'île du Gaou on vient se faire plaisir avec deux soirées en plein air et en libre accès. Evidemment nous sommes loin des gros festivals et des structures qui en mettent plein la vue. Ici, on fait avec les moyens du bord mais on se rend vite compte que le Pointu Festival a une équipe efficace et organisée qui permet à cet événement de ne pas un être un gros bordel mais plutôt un lieux convivial sans que l'on se marche dessus.

Du côté de la programmation, il y a eu aussi un effort très particuliers qui nous évite les sempiternels groupes festifs qui ne s'apprécient qu'après ingurgité une quantité indéfinie d'alcool dont on finit par ne plus savoir la provenance. Non, ici on aura su apprécier à tour de rôle The Spitters, Kurt Vile & The Violators, Ride, Hanni El Khatib, Red Fang, Slowdive, Ryan Adams et Dinosaur JR. Il faut vraiment être dans l'aigreur la plus absolue pour ne pas saluer l'effort accompli. Dans ce cas là, il faut sérieusement penser à faire autre chose de sa vie.

C'est sous une chaleur de plomb (pour un breton, je peux vous dire qu'il fait chaud dès qu'on traverse la Loire) que l'on progresse tranquillement vers le site. On se sert à boire sans se marcher dessus, on se dirige vers la scène et on se rend compte que tout le monde est décontracté, que les gens viennent parce qu'ils connaissent les artistes mais aussi pour découvrir une musique qu'ils n'avaient pas l'habitude d'écouter. On est bien, tout simplement. C'est The Spitters qui ouvre le bal avec un rock rentre dedans aux intonations punk bien senties. Faisant un peu office de première partie (vu le pedigree du reste de l'affiche il est difficile de penser autrement), The Spitters est sans complexe et profite de l'instant à chaque morceau. Ils ont été parfaits pour nous sortir de la léthargie à laquelle la chaleur nous avait plonger. Si le groupe était au top on saluera la performance du batteur qui a tout donné. Belle performance donc.

The Spitters (1)

The Spitters (2)

The Spitters (3)

The Spitters (4)
The Spitters (5)

The Spitters (6)

Bien évidemment avec Kurt Vile, l'intensité redescend d'un cran afin que l'on puisse vivre un instant à la cool. Sous ses airs de babeloche qui n'est jamais redescendu de son dernier trip, Kurt Vile n'en est pas moins un artiste à qui on n'a pas pu reprocher de ne pas faire de bons disques. Même s'il a un peu de mal à communiquer avec son prochain, le bonhomme joue avec une belle décontraction. Les morceaux s'enchaînent, Kurt Vile change de guitare en fonction des chansons, le temps semble s'être évanoui sous la coolitude de l'américain. Il finit par s'en aller comme il est venu, en dodelinant de la tête. Un peu à l'image d'un type comme Andy Shauf, Kurt Vile peut avoir le charisme d'une endive mais cela ne l'empêche pas d'être un songwriter de génie et d'insuffler à ses concerts une certaine forme de magie. Ce genre de types sont déconcertants.

Kurt Vile (1)

Kurt Vile (2)

Kurt Vile (3)

Kurt Vile (4)

Kurt Vile (5)

Kurt Vile (6)

Avec Ride, on repart quelques années en arrière. On les avait cru perdu après un Tarantula sur lequel tout le monde a bien vomi. Le groupe avait disparu tout doucement et chacun était passé un peu à autre chose. C'était sans compter un retour d'intérêt du shoegaze qui a vu d'autres formations se remettre en selle. Ride donc. Quelle aubaine. C'est ma jeunesse qui resurgit mais la peur que cela occasionne avec cette sensation de voir un groupe vieilli et sans allant est bien présente. Les premiers concerts de reformation n'avaient pas convaincu grand monde mais les dernières nouvelles étaient plutôt rassurantes. Dès les premières notes on s'est senti rassuré. Ride est resté tel qu'il était dans notre souvenir. Certes ses membres ont vieilli, Mark Gardener n'a plus un cheveu sur le caillou, mais le son, la dynamique, elle, est toujours là. Jouant ses anciens morceaux, le groupe se risque aussi à jouer de nouvelles pièces d'un album qui annoncent leur grand retour. Bien entendu, Ride a joué ses morceaux les plus emblématiques des albumsNowhere et Going Blank Again. En même temps c'est ce que tout le monde demandait. Pour autant, personne n'a craché sur les nouvelles compositions du groupe et c'est bon signe. Qu'on se le dise. Ride n'est pas un groupe fini. Ils ont encore des choses à donner.

Ride (1)

Ride (2)

Ride (3)

Ride (4)

Ride (5)

Hanni El Khatib n'a pas à se poser la question de savoir si sa carrière est derrière lui ou non. Son âge d'or, il est en train de le vivre. En l'espace de quelques albums, l'américain s'est fait un nom que personne ne conteste. Si sa formule est des plus classique elle est aussi des plus efficaces. Et il ne fait que le confirmer en clôture de cette première soirée. L'homme est en forme et semble vouloir montrer à tout le monde que le patron, c'est lui. Il ne s'agit pas chez lui de montrer de l'arrogance mais bien d'occuper la scène afin de prouver à tous qu'il n'a pas usurpé la place qu'il occupe aujourd'hui. Hanni El Khatib n'est pas un héros fatigué et au vu du concert de ce soir il est loin de l'être. Une bonne manière de finir cette soirée au bord de l'eau.

Hanni El Khatib (1)

Hanni El Khatib (2)

Hanni El Khatib (3)

Hanni El Khatib (4)

Hanni El Khatib (5)

Hanni El Khatib (6)

Crédits Photos : Fabien Pondard

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