.:.Compte Rendu de Concert.:.

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This Is Not A Love Song Journée 1 - part 2

1ère partie :

Le : 09-06-2017

Lieu : Nîmes, Paloma

compte rendu proposé par Fabien et publié le 28-06-2017

Retour à l'air libre pour assister au set de The Growlers. On avait bien besoin de respirer un peu et les américains nous y aident fortement parce qu'en coolitude ils y connaissent un rayon. Emmené par un Brooks Nielsen débonnaire, The Growlers déroule ses morceaux chaloupés faisant chavirer en un rien de temps la gente féminine qui, visiblement, attendait le groupe au tournant. Fringués comme des révolutionnaires cubains en goguette, The Growlers jouent avec décontraction, sans énervement, comme à la parade. Personne ne dira pour autant qu'ils prennent les choses à la légère. Bien au contraire, le jeu de The Growlers est aux petits oignons et ils jouent à fonds cette carte de la coolitude qui semble leur coller à la peau. Pas d'énervement donc, on y va relax mais en prenant soin de ne pas faire n'importe quoi non plus. The Growlers parviennent à séduire leur monde en rien de temps et ce grâce à une musique millimétrée et à ce sentiment de détachement total qu'ils dégagent. Un vent d'air frais souffle sur le TINALS et c'est salutaire au vu de la chaleur écrasante qui règne ici.

Sur la Bamboo, autre personnage, curiosité totale et clairement atypique. Alex Cameron, grande perche se déhanche tel un serial lover type Bryan Ferry sans le costume. Depuis le passage et la performance de Samuel Herring de Future Islands avec le morceau Seasons au Letterman Show, on ne s'étonne plus de rien. Beaucoup l'on découvert à ce moment là, regardant cet huluberlu se déhancher bizarrement, laissant penser à quelque chose de pensé au dernier moment. Sauf que Herring est tout le temps comme ça et c'est quasiment naturel chez lui. Il ne saurait en être autrement avec Alex Cameron qui multiplie les pas de danses sensuelles, les regards suggestifs et les pauses lascives. A lui aussi, c'est dans sa nature. On en oublierai presque ce qu'il joue. Celui, dont les portes se sont fermées une à une, est en train de vivre aujourd'hui une belle revanche. Au point de s'accorder une liberté totale sur scène. Sa synth-pop à la Robert Görl se déguste comme une belle sucrerie. On savoure.

On va d'autant plus savourer qu'à la suite d'Alex Cameron c'est The Make Up qui prend la relève dans la Grande Salle. Pour qui ne les a jamais vu ou même jamais entendu parler, le choc est de taille. Il faut savoir que Ian Svenonius, leader et chanteur de The Make Up, est une réelle bête de scène. Ne tenant jamais en place, tout en nerf, invectivant la foule, se jetant à terre, se prenant d'une frénésie incontrôlable, Svenonius n'hésite pas à aller dans la foule, marchant au dessus d'elle au grand désespoir du personnel de sécurité à qui on n'avait rien dit. Si vous ne savez pas ce qu'est le rock'n'roll, The Make Up est ici pour vous en donner une définition. On a vécu de beaux moments sur cette scène l'année dernière mais The Make Up est en train de placer la barre très haute. Si Ian Svenonius semble incontrôlable, ses comparses n'en rajoutent pas comme si ils surveillaient leur turbulent chanteur. Celui-ci fait le show comme un possédé et cela tient tout simplement du génie.

On ressort de la Grande Salle à la fois émerveillé et épuisé. The Make Up a complètement joué son rôle. Le contraste est alors fort quand on se pointe pour voir Shugo Tokumaru. Le japonais est certainement plus mesuré mais plus facétieux. De toute façon inutile de les comparer, cela n'a rien à voir. Shugo Tokumaru, multi-instrumentiste, est un adepte d'une pop soyeuse et bricolée qui va même jusqu'à faire une reprise amusée du thème de Retour vers le futur et autres joyeusetés. Tokumaru et ses musiciens jouent sur la Mosquito et cela leur va comme un gant. Cette proximité avec le public s'accompagne bien avec la musique du japonais qui semble être de celle que l'on écoute entre amis. Si sur scène ils semblent réservés, leur performance séduit au delà de toute espérance. C'est naturel, presque naïf mais, à la tombée de la nuit, Shogu Tokumaru nous offre un beau moment de pop décontractée.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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