.:.Compte Rendu de Concert.:.

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This Is Not A Love Song Journée 1 - part 1

1ère partie :

Le : 09-06-2017

Lieu : Nîmes, Paloma

compte rendu proposé par Fabien et publié le 27-06-2017

Des festivals à taille humaine (rappelons que le TINALS ramène dans les environs de 16 000 personnes en trois jours), le This Is Not A Love Song Festival est de ceux qui a une des programmations les plus ambitieuses. On l'avait déjà vu les années précédentes et plus particulièrement l'édition 2016 pour laquelle nous nous étions déplacés (et cela valait bien les 900 bornes et 10 heures de route avalées). On retrouve donc le festival nîmois avec grand plaisir avec une configuration quelque peu différente. En effet, exit le Club Paloma qui cède sa place à des animations tout en devenant la Love Room et bonjour à la nouvelle scène extérieure qu'est la Bamboo ainsi qu'au Patio qui permettra à certaines formations de se produire deux fois dans le festival.

En tout cas c'est avec un plaisir certain que nous retrouvons le site du Paloma qui nous devient désormais familier. On regrette cependant amèrement l'annulation de Grandaddy mais les circonstances (le décès de Kevin Garcia) font qu'on ait une forte pensée pour le groupe américain qui passe des heures difficiles.

On commence sur la Flamingo sous une bonne chaleur avec les britanniques de Yassassin qui nous font partager leur bonne humeur. L'entrée en matière est plutôt sympathique et les jeunes femmes jouent bien leur rôle d'ouvreur même si la foule n'est pas encore au rendez-vous. Leur indie-rock teinté de l'estampille riot girls est fort agréable et s'associe plus que bien à l'ambiance du festival. Yassassin nous permets de débuter sous les meilleurs auspices. Si on pouvait avoir des doutes, les jeunes femmes ne sont pas là pour faire de la figuration. Pour preuve des morceaux dans la plus pure tradition britannique : subtils, tranchants et sans prise de tête. Et ce entre deux gorgées de bières.

On découvre la scène Bamboo avec Goat Girl, autre groupe de filles mais qui officie dans un registre plus garage. Un peu plus tranquille que Yassassin, les Goat Girl usent d'un charme quasi naturel pour distiller des morceaux d'une belle classe. Rien d'étonnant qu'elles soient signées chez Rough Trade. Certes ce n'est pas avec elles qu'on verra des mouvements de foules mais c'est assez parfait pour déguster des mélodies ciselées malgré une interprétation qui manqua un peu de pèche. On ne peut pas tout avoir mais c'était déjà pas mal.

On retrouve la Mosquito, scène qui, pour beaucoup, reste la meilleure et pour qui il se passe bien souvent le plus de choses. Enfin bon, avec Andy Shauf ce ne sera pas la folie des grandeurs ni même la furie à laquelle on assistera plus tard mais il y a eu avec ce canadien un instant de magie pure. Un moment intime, comme si Andy Shauf s'invitait dans votre salon et vous parlait avec une familiarité apaisante. Les chansons du bonhomme qui a autant d'énergie qu'un paresseux en goguette font mouches et illuminent la Mosquito comme si on nous faisait la plus grande des révélations. J'étais à deux doigts d'aller chercher les chaises longues qui étaient mises à disposition des festivaliers, m'y installer et apprécier la chose avec la plus grande délectation. On l'écoute, tétanisé mais avec un sourire béat. Andy Shauf jouait sans doute sur la plus petite scène du festival mais il est déjà et sans aucun doute possible un grand monsieur.

On file à la Grande Salle pour une toute autre ambiance que celle qui est proposée par les Coathangers, groupe là encore exclusivement féminin qui roule sa bosse depuis une bonne dizaine d'années. On passe ici d'un extrême à l'autre. Si Andy Shauf fait office d'un songwriter de génie proche de la neurasthénie, The Coathangers est complètement à l'opposée. Complètement énervées, tendance rock débile et avec le mors aux dents. Menées par une Julia "Crook Kid" Kugel survoltée, le groupe ne fait pas dans le détail et porte une énergie entre le garage et le punk qui vous mets des coups de poings en rafale. C'est fait pour vous réveiller et vous sortir de la béatitude post Andy Shauf et c'est définitif. Le TINALS est sur les châpeaux de roue et on se dit que ces trois jours à Nîmes vont être un régal permanent.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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