.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Les Escales journée 2 - partie 2

1ère partie :

Le : 30-07-2016

Lieu : Saint-Nazaire

compte rendu proposé par Fabien et publié le 26-01-2017

Comme à Art Rock, on retrouve The Shoes. C'est d'ailleurs un peu le souci des festivals. Plus vous en faites, plus vous avez l'impression de voir les mêmes têtes. Un débat qui dure depuis quelques temps déjà et un problème qui risque de ne pas trop avoir de solution ou si peu. Ceci étant nous ne sommes pas là pour parler des soucis de programmation des festivals avec leurs têtes d'affiche. The Shoes sont sur scène et c'est tout ce qui compte. Tout comme Caravan Palace la veille, la scénographie est moins importante mais The Shoes ne semble pas vraiment s'en offusquer. Le groupe joue, se fait plaisir et ne semble pas encore sentir les effets de la lassitude due à leur tournée. Il faut en profiter. Oui, parce que un groupe qui joue juste pour honorer son cachet est souvent un groupe chiant à regarder. Ce ne sera pas le cas avec The Shoes qui donnent vraiment tout ce qu'ils ont dans ce set. Ils sont à leur niveau habituel et cela suffit au public qui les ont accueillis comme il se doit. Les morceaux défilent et The Shoes délivrent un show homogène qui nous mets dans de bonnes dispositions.

Mais la première bonne grosse claque de la soirée vient bien de Batuk mené par la performeuse Manteiga qui aura su mettre le feu dans le public. Il faut dire que l'electro panafricain de Batuk se prête parfaitement au déhanchement des corps. Concert remuant et enflammé, Batuk, qui est aussi composé de pointures de la musique électro sud-africaine (Spoek Mathambo et Aero Manyelo) met un bon coup de pied dans la fourmilière. Si The Shoes avait permis de bien commencer la nuit, Batuk nous donne envie d'être insomniaque. Manteiga est parfaite dans son rôle de chanteuse mais aussi en maître de cérémonie en faisant participer la foule. Si le thème de cette année est l'Afrique du Sud, Batuk dépasse largement les frontières de son pays d'origine. C'est bien une bonne partie du continent Africain qui est représenté ici enrobé de sons électroniques. Batuk est une histoire de rencontre aussi bien de personnes que de cultures et si on parle souvent de spectacle vivant, cette formation porte avec enthousiasme ce qualificatif qui, parfois, est un peu passe partout. Ici, le melting pot fonctionne à plein régime et on est absolument sous le charme.

Bien content et repu de la performance de Batuk, on rentre dans le dur avec Dookoom. Autre registre, autre univers. Dookoom est plus dans une approche agressive. Projet de Isaac Mutant qui a notamment participé à Die Antword et accompagné Public Ennemy, Dookoom n'est pas là pour mettre les gens à l'aise. Les ayant loupé la veille, il était hors de question de faire l'impasse cette fois-ci et bien nous en a pris. Dookoom ne fait certes pas dans la dentelle mais c'est rudement efficace. Si on parle ici de rap radical on peut aussi parler de rap engagé et sans concessions. Mais au-delà de la performance au micro de Isaac Mutant et de Human Waste c'est bien la graphiste Spooky qui va mettre le feu aux poudres en s'appropriant la scène et en bougeant dans tous les sens en invectivant le public. Celui-ci, sans doute peu habitué à la rudesse de ce genre de groupe fait front et ne déserte pas l'endroit. Bien au contraire, la foule relève le défi au plus grand plaisir de Dookoom qui en rajoute une louche. Concert intense, on en ressort sonné et agréablement bousculé. Dookoom est surement l'une des grosses découvertes de cette édition.

On finit la soirée avec Breakbot qui parait bien fade et un peu trop gentil après que l'on ai vu Dookoom. Ce n'est d'ailleurs pas facile de passer après ces derniers. Leur pop-funk est fonctionne assurément très bien mais si l'ensemble du groupe semble prendre du plaisir sur scène ce n'est pas le cas de Thibaut Berland qui a une attitude des plus distante voire je m'en foutiste. On se demande d'ailleurs si il ne joue pas un rôle tant il semble autant absent que condescendant. On préfère se dire que c'est cela et on se concentre vraiment sur le reste qui permet de nous accompagner doucement mais surement, dans une ambiance des plus suaves, vers la fin de la nuit.

Crédits Photos : Fabien Pondard

A voir également :

http://www.festival-les-escales.com/

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