.:.Chronique.:.

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Expérience

Hémisphère gauche

[Labels::2004]

|01 Résumé de futurs épisodes précédents|02 To much love|03 Hémisphère gauche|04 Traquer la fièvre massacrer l'ennui|05 Drivin'|06 Bienvenue|07 Le diable sur ta porte|08 Somebody else but me|09 Pauvres petits occidentaux|10 La nuit|

Au début, il y avait Diabologum, groupe à la gouaille incomparable et aux musiques assez minimalistes. Après 6 années de bons et loyaux services et 3 albums, le groupe se sépare. Naissent alors d’un côté Programme, qui sort actuellement son troisième album, et de l’autre Expérience qui nous offre aujourd’hui, 3 ans après un remarquable « Aujourd’hui, maintenant », ce nouvel opus « Hémisphère gauche ». Expérience est sans doute celui des deux groupes qui se rapproche le plus de ce qu’a pu faire Diabologum. La présence de Michel Cloup à la tête de cette formation n’y est évidemment pas pour rien.

Hémisphère gauche se présente comme un immense manifeste, comme un appel au réveil, et à la réaction. Les textes se font plus engagés que jamais. Des mises en garde, comme dans « too much love » (Trop d’amour gâché tous les jours / En sachant pertinemment / Qu’on fonçait dans un mur) ; des constats amers, comme dans « pauvres petits occidentaux » (Pauvres petits occidentaux / Des crises d’épilepsie devant leurs jeux vidéos / Des attaques cardiaques dans les casinos) ; des appels à l’action, comme dans « traquer la fièvre massacrer l’ennui » (En ce moment / Le ton est à l’abandon / D’un côté les abonnés absents / Qui n’ont jamais participé / Et qui se plaignent / De l’autre les engagés volontaires / Lessivés / Terrassés / Qui perdent la moelle / Lâchent la bataille).

Ces textes, servis par le phrasé si typique de Michel Cloup sont mis en avant par une musique de plus en plus riche, pour ce groupe. De sombres sonorités électroniques, des guitares électriques rageuses, un violoncelle désespéré sur « hémisphère gauche », un piano qui martèle ses notes sur « résumé de futurs épisodes précédents ». Sur ce titre ainsi que sur « pauvre petits occidentaux », ce sont les rappeurs de La Caution qui assurent les voix. On trouve tout de même un morceau dont le refrain est chanté : « drivin’ », seul morceau entièrement en anglais de l’album.

Cet album n’est pas un disque de rebelles. Cet album n’est pas un appel à la révolution. Il pousse simplement à la réflexion, sur notre place dans ce monde, sur ce que nous pouvons faire, chacun à notre niveau, pour le faire évoluer. Cela fait du bien parfois, de sortir de la résignation ambiante. A écouter attentivement, donc. Je conclurai avec un extrait de « bienvenue » : Aussi paradoxal que cela puisse paraître / Après ce qui vient d’être entendu / Aussi paradoxal que cela puisse paraître / Bienvenue.

note : 7.5

par Claire, chronique publiée le 28-04-2004

A voir également :

http://www.experiencenet.net

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