.:.Chronique.:.

Pochette

u.n.p.o.c.

The Fifth Column

[Domino::2003]

|01 Amsterdam|02 Been a while since I went away|03 I don't feel too steady on my feet|04 Here on my own|05 Avignon|06 Come in|07 I love you, lady luck|08 Dark harbour wall|09 Jump jet friend|10 Beautiful to me|11 See you later|12 Some kinds of people|13 So in tune|14 Nicaragua|

Syd Barrett n'est plus mort (artistiquement). Non, il a même enregistré un disque sous les initiales d'u.n.p.o.c., plus proche de Madcap Laugh que de ses chansons avec son premier groupe. Ainsi, ne pas s'attendre à une production grandiose, des cascades de violons, ou juste des sons de synthé inquiétant. L'économie de moyen fait ici office de principe esthétique (n'est-il pas d'ailleurs un des "inventeurs" de la lo-fi, cette musique libre d'être enregistré dans sa cuisine ou sa salle de bain, au petit matin ou après une cuite mémorable), bien qu'à l'époque, fin des 60', ce ne fut pas un choix mais plutôt une nécessité face à la lucidité fuyante et les chansons déglingués de l'ex Pink Floyd.

Mais cessons la confusion. Sous les 5 lettres de ce groupe se cache principalement Tom Bauchop, quelque fois accompagné d'un batteur. Seul ou à deux, l'Ecossais Tom déploie pourtant une véritable science pour arranger ses chansons avec 3 fois rien, sa guitare, sa voix, une basse... En effet, là où des groupes cachent leur misère mélodique sous une couche d'instrument dit classique, M. Bauchop voit le beau dans le nu, souvent agrémenté d'harmonies vocales un peu irréelles, donnant à ces chansons un avant goût d'un paradis pour fantômes, ou d'une chorale de doux lunatiques en pleine euphorie. De ça de là, une guitare électrique, des instruments non identifiés (à voix, à vent?) viennent étoffer le propos, principalement un folk simple et rachitique mais habillé avec génie. Parfois, la lune change, le calme se brouillant d'inquiétude, début d'hallucination moins agréable, Come In en dérive droguée hypnotique, ou Dark Harbour Wall en redescente brutale vers une réalité plus amère.

Cette chronique serait incomplète si on ne mentionnait pas cette voix, un peu fausse, mais terriblement expressive, qu'elle serve à une déclaration d'amour entêtante (I love you lady luck), raconte des voyages dans une Amsterdam pendant un automne certainement humide et embrumé, jusqu'au Nicaragua en destination finale mais éprouvante, tant Tom Bauchop semble avoir une tête des plus tordue mais passionnante. Et comme l'avait déjà fait remarquer un journaliste à propos de Syd Barrett, cette voix hante le crane de l'auditeur longtemps après le disque fini.

Sur le livret, des photos de voyage, une tente en montagne au milieu de nul part... Tom B pensait peut être y retrouver sa tête. Après ce Fifth Column, on ne peut que lui conseiller de pousser ses recherches jusqu'à la lune et sa face cachée, et même au delà.

note : 8.5

par franck, chronique publiée le 09-02-2004

A voir également :

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