.:.Chronique.:.

Pochette

Faux Ensemble, Le

Double Bind

[Dissociation::2018]

|01 Apex's Hapax|02 Double Bind|03 Heartless|04 End Credits|

Le nom de Benjamin Jarry ne nous est pas totalement inconnu. On l’avait déjà croisé avec Marc Morvan pour l’album Udolpho et outre son implication dans des groupes comme Mœsgaard et Puanteur Crack, on l’aura vu aux côtés de Matt Elliott, Mermonte , l’ensemble Minisym, la plasticienne Carole Douillard ou les compagnies de théâtre contemporain Rictus et Möbius-Band. Ici, il crée avec Suzanne Fischer, Sandy Ralambondrainy et Clara Bodet un ensemble pour violoncelles, piano, clarinette et live sampling. Violoncelle, d’ailleurs, que Benjamin Jarry a appris les rudiments que tardivement (il a commencé à apprendre à l’âge de 22 ans). Quoi qu’il en soit le Faux Ensemble s’inscrit sous les auspices de Steve Reich, Michael Nyman et, nous dit-on, et ce qui est plus surprenant, My Bloody Valentine. Le choix du titre de l’album annonce aussi tout à fait la couleur. En effet, pour qui est un peu versé dans la psychiatrie le concept de double bind met en évidence « la tension qui existe entre le désir d’imiter ses mentors et celui de s’en singulariser ». Chose pratique qui permet d’assumer pleinement toutes les comparaisons que l’on pourra faire à propos de ce disque et d’œuvrer sans contraintes dans le sillon de ces influences annoncées. De fait, en écoutant Double Bind la référence à Steve Reich et Michael Nyman n’en est que plus flagrante. Cependant, il n’y avait nul besoin de connaître la signification de Double Bind pour s’en rendre compte. Le savoir permet juste de comprendre que le Faux Ensemble n’est pas là pour copier mais pour s’inspirer et demeurer dans une filiation qui n’a pas fini de susciter de l’intérêt. Ainsi, le Faux Ensemble est parfaitement dans une logique de musique sérielle à la Reich et à la Nyman. C’est beau, limpide, hypnotique et d’une poésie à la mécanique bien huilée. Si on peine à trouver l’utilité de la chose, on prend néanmoins du plaisir à suivre ces arabesques sonores entêtantes. Le Faux Ensemble a, pour son premier album, fait en sorte de ne pas vraiment se tromper en réalisant une musique très dans le ton de ce que l’on pouvait attendre. C’est, certes, beau, mais classique pour le coup.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 02-06-2018

A voir également :

https://lefauxensemble.bandcamp.com/releases

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