.:.Chronique.:.

Pochette

Jiha, Park

Communion

[Tak:til / Glitterbeat::2018]

|01 Throughout the Night|02 Accumulation of Time|03 Communion|04 Sounds Heard from the Moon|05 The Longing of the Yawning Divide|06 All Soul's Day|07 The First Time I Sat Across from You|

La Corée serait-elle en train de s’éveiller au monde ? En tout cas, ces derniers temps on découvre de plus en plus d’artistes de ce pays, un groupe comme Jambinai en tête. Park Jiha profite de cet état de fait et voit tout l’intérêt que l’on porte à sa musique grandir peu à peu. D’abord repéré au sein du duo [su :m], Park Jiha se lance en solo avec une musique qui mélange ses racines coréennes, la musique contemporaine minimaliste, le jazz et le post-rock. Pour les deux derniers c’est peut-être moins évident mais pour les deux premières influences, c’est assez flagrant. Elle-même joueuse de piri (sorte d’instrument à mi-chemin entre le hautbois et la bombarde), elle s’associe avec John Bell, Kim Oki et Kang Tekhyun pour réaliser ce Communion rêveur et à fleur de peau. La poésie de ce disque n’est pas à mettre en doute. Il fait appel à des intonations nostalgiques, mélancoliques mais aussi à d’autres plus épiques et plus aventureux. Ne cherchez pas une forme de dépaysement dans la musique de Park Jiha car si celle-ci importe fortement son background coréen, celle de la musique occidentale est tout aussi importante. La rencontre entre les deux fait feu de tous bois et on reste admiratif devant la justesse des constructions musicales de la jeune femme. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Park Jiha ne se retient pas. Elle n’est pas dans une forme d’intériorisation. C’est tout le contraire avec ce Communion. Park Jiha extériorise ses sentiments allant jusqu’à des explosions sonores comme sur All Soul’s Day ou The First Time I Sat Across From You. Visiblement, elle ne tient pas à ce que sa musique soit le fait d’une expérience introspective. Ses sentiments elle les fait jaillir, les mets au grand jour pour qu’ils s’expriment au meilleur de leurs possibilités. Cette rencontre des deux cultures fait donc plus que des étincelles. Park Jiha montre en un seul album qu’elle n’est pas un second couteau. Si son expérience au sein de [su :m] a sans doute aidé (en plus d’avoir mené des études musicales), son premier disque en solitaire est à prendre au sérieux et joue déjà dans la cours des grands de par sa maturité et la qualité des morceaux qui se révèlent aussi solides que poétiques. Park Jiha a donc déjà trouvé son équilibre et celui-ci ne s’exprime que dans les hauteurs.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 27-03-2018

A voir également :

http://parkjiha.com/

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