.:.Chronique.:.

Pochette

Apartments, The

Fête foraine

[Riley Records / Microcultures::2017]

|01 What's the Morning For|02 Knowing You Were Loved|03 Not Every Clown Can Be in the Circus|04 On Every Corner|05 Great Fool|06 Sunset Hotel|07 End of Some Fear|08 Thank You for Making Me Beg|09 Things You'll Keep|10 Paint the Days White

La réédition de Fête foraine a été vécu comme l’une des meilleures choses qui soit arrivée en 2017. Musicalement s’entend, bien sûr. Toujours en activité, le groupe considéré comme culte, a rarement dépassé le cercle des initiés, connaissant un succès critique indéniable mais qui ne s’est jamais vraiment traduit chez le grand public. Nous ne sommes pas non plus dans l’idée d’artistes maudits qui n’ont jamais su rencontrer leur public. Celui-ci, pour The Apartments, ne se réduit pas à une poignée de fans intégristes. Il faut dire qu’il aura fallu une certaine forme d’abnégation pour en arriver à ce statut si particulier qui peut aussi se révéler un poids trop pesant. L’histoire de The Apartments est pour le moins chaotique, faites de séparation, de reformation, de rencontres salvatrices, de dépression, d’alcool et de drogues (au début de l’aventure en tout cas). Si The Apartments est surtout l’émanation de Peter Walsh, il aura fallu l’intervention de pas mal de gens comme Robert Forster (The Go-Betweens), Ed Kuepper, Geoff Travis (patron du label Rough Trade), Robert Vickers pour le tirer de sa dépression et le convaincre de continuer à faire de la musique. Rien ne fut donc simple, changeant de line-up quasiment à chaque album, The Apartments est comme un survivant, toujours proche de l’implosion mais qui au gré des aléas de la vie est toujours debout. Fête foraine est assez parlant sur ce que fut et est encore le parcours de ce groupe. Fragile, dépressif, sensible mais aussi empreint d’une certaine noirceur, Fête foraine révèle aussi tout ce qu’il y a de plus intéressant et de touchant chez Peter Walsh. Ce disque qui est une relecture dépouillée de titres plus anciens est ce genre de mise à nue n’était à l’époque disponible que par correspondance. Rééditer l’album le plus intimiste de la formation est sans doute ce qui pouvait arriver de mieux à tout le monde. Si le groupe n’a jamais été sous-estimé dans ce qu’il faisait, il est surement aussi de ceux qui n’ont pas eu la reconnaissance publique qu’il méritait. Rappelons que Peter Walsh avait un sacré don pour se tirer une balle dans le pied. Fête foraine, s’il est un disque un peu à part dans la discographie de The Apartments, il est aussi l’un des plus important. Un disque majeur même.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 03-02-2018

A voir également :

http://www.theapartments-music.com/

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