.:.Chronique.:.

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Hecker

A Script for Machine Synthesis

[eMego::2017]

|01 Prologue|02 A Script for Machine Synthesis|03 Credits|

Ecouter les disques de Florian Hecker n'a jamais été chose aisée. Depuis le temps qu'il sort ses disques sur le label Mego (et un peu ailleurs également, notamment avec Russell Haswell ou Mark Leckey), Florian Hecker a été un modèle de régularité dans l'expérimentation électronique. Ici, avec A Script for Machine Synthesis, qu'il a d'ailleurs conçu en collaboration avec le philosophe Reza Negarestani, il pousse sa logique artistique jusqu'à l'abstraction la plus clinique. Autour d'une voix monocorde et presque synthétique, Florian Hecker fait défiler une musique qui s'apparente à ce que l'on peut entendre assez souvent dans les musiques concrètes et/ou expérimentales. Le côté minimaliste, sobre est à mettre en parallèle avec une certaine irréalité de la musique. En effet, A Script for Machine Synthesis dégage une image assez rigide qui se mèle subitement avec les distorsions électroniques de l'autrichien. De fait, ce disque ne laisse que peu d'ouvertures et se montre difficilement malléables. Nous sommes certainement plus proche d'une utilisation dans le cadre d'une performance plutôt que d'une écoute qu'on pourrait de qualifier de "normal". Dans une forme qui se veut esthétique, Hecker explore et expérimente de manière aussi raisonnée qu'improvisée. A l'évidence, mis à part le texte qui est déclamé par la voix robotique, Hecker revient sur une utilisation de l'électronique qui se veut instinctive. Ce qui peut paraître tout aussi évident c'est que A Script for Machine Synthesis n'est pas d'un accès facile et est d'une nature des plus hermétique. Il est, dès lors, assez compliqué de rentrer et de trouver les clés pour apprécier cet album si tant est qu'il ait quelque chose à apprécier. Ainsi, plus le temps passe et plus Florian Hecker fait preuve d'une certaine radicalité dans son approche de la musique électronique expérimentale. C'est ce qui fait son charme mais c'est également son plus grand défaut.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 11-12-2017

A voir également :

http://florianhecker.blogspot.fr/

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