.:.Chronique.:.

Pochette

Graindorge, Catherine & Race, Hugo

Long Distance Operators

[Sub Rosa::2017]

|01 Forever Lost|02 Brother Sister|03 Immortality|04 On Ice|05 I Call On You|06 Night Unreal|07 By Stealth|08 As it Seems|09 Blind Faith|10 Stones from Heaven|

Chacun de leur côté Catherine Graindorge et Hugo Race ont une riche expérience. Et ce n'est pas peu dire. Catherine Graindorge d'abord. Si elle a participé à l'aventure de groupes comme Nox, Détroit (avec Bertrand Cantat et Pascal Humbert), Venus ou Monsoom, elle a aussi joué pour des artistes comme John Parish et Andrea Schroeder tout en composant pour le cinéma et le théâtre. Sa dernière collaboration est celle qui nous occupe ici avec Hugo Race, chanteur australien, autrefois passé par les Bad Seeds de Nick Cave et qui a participé à pas mal de projets dont le plus connu reste The True Spirit. Dire qu'ils étaient fait pour se rencontrer est sans doute aller un peu vite en besogne. En tout cas, la rencontre s'est faite de manière virtuelle via un réseau social que chacun connait. Rien d'extraordinaire. Un mail d'accroche, des échanges et de fil en aiguille un projet qui se monte. La collaboration débute en 2011 et s'achève en 2015. La distance entre les deux y est pour beaucoup. L'une vit en Belgique, l'autre est australien. Pas très pratique mais, au fur et à mesure, ce qui constitue Long Distance Operators (on comprend dès lors la raison d'un tel titre) prend forme. 2017 enfin, le disque sort et on assiste a une belle performance artistique qui sied aux noctambules de toutes sortes et qui en appelle a une certaine vigilance auditive. Oui, parce que ce disque est tout en nuance, feutré, aux frontières des brumes du sommeil et du rêve et il est difficile de tolérer une écoute partielle. Les deux artistes se sont bien trouvés et ce travail de longue haleine en valait la peine. Long Distance Operators joue justement sur cette notion de distance, de l'étirement comme un voyage sans fin vers des paradis perdus. La voix profonde d'Hugo Race se confond parfaitement avec l'orchestration millimétrée qui lorgne souvent vers l'expérimental, la musique de chambre ou le cinéma où l'ombre de David Lynch et Jim Jarmusch plane intensément. Hugo Race et Catherine Graindorge ne sont pas dans la démonstration et c'est heureux. Ils se laissent ici porter par un élan qui va au-delà de la simple sophistication et on se fait happer par ce disque en clair obscur qui peut aisément vous emmener au bout de la nuit.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-05-2017

A voir également :

http://catherinegraindorge.tumblr.com/

http://www.hugoracemusic.com/

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