.:.Chronique.:.

Pochette

Goff, Simon

HUE

[Hiddenseer::2016]

|01 Yellow|02 Red|03 Blue|04 Green|05 Orange |06 Violet|

Ancien membre de Hope & Social (groupe plutôt art pop), Simon Goff s'est depuis réfugié dans le monde plus cosy de la musique électronique dronesque et cérébrale. Rien à voir donc. Au point que le bonhomme s'est installé à Berlin (La Mecque quoi...) travaillant aux côtés d'Aidan Baker, Andrea Belfi ou Pete Simonelli (Enablers). On a vu pire comme reconversion. HUE, a ce côté ambitieux et réfléchi qui nous amène à penser que la musique électronique est toujours encline à générer de beaux spécimens. Suivant une ligne qui s'inspire des arts visuels qui va de la dance à l'exhibition pure et simple, Simon Goff est dans une optique de mouvement, de tumulte, de cycles sonores chatoyants et tourbillonnants. On peut sans doute parler de musique conceptuelle dans le sens où ce disque est le résultat d'une élaboration spéciale dans laquelle les différentes sonorités de l'album ont été réalisé à partir de dispositifs équipés de capteurs et de samples qui se déclenchent grâce aux mouvements environnants. Là encore, la notion d'espace et de positionnement dans cet espace prend tout son sens. Violoniste de formation, Simon Goff y intègre naturellement cet instrument à corde, donnant un sentiment d'éternité. HUE n'aurait pu être qu'un fatras ou une bouillie sonore mais, Simon Goff s'est employé à donner plus qu'une cohérence à ses expériences. De fait, rien ici ne semble être fait dans l'anarchie ou l'improvisation désordonnée. Visiblement, tout y est pensé, finement calculé, dans une sorte de tradition répétitive à la Terry Riley ou à la Steve Reich. Et il n'est pas inutile de citer ces noms de ces grands papes de la musique contemporaine. Simon Goff s'en inspire clairement tout en étant respectueux et en cherchant sa propre voie. Ainsi, HUE, n'a rien d'un album inutile. Limpide, il est à l'image de ce qui peut se faire de mieux dans le genre. Son approche qui est plus mélodique que concrète pour le coup donne une saveur supplémentaire. On savoure.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 07-03-2017

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http://www.simongoff.com/

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