.:.Chronique.:.

Pochette

Baker, Aidan

Dualism

[Mirida Records::2016]

|01 Consciousness Bridge - Session A|02 Dualism (Body) - Session A|03 Dualism (Mind) - Session A|04 Consciousness Bridge - Session B|05 Dualism (Body) - Session B|06 Dualism (Mind) - Session B|

Depuis le temps que Aidan Baker sort des disques de qualité, on s'étonne encore qu'il ne soit pas plus connu et qu'il lutte toujours pour exister dans la jungle artistique du XXIème siècle. Ils sont pleins dans son cas. Même s'il n'est pas un inconnu, qu'on le connait sans doute plus sous le nom de Nadja et qu'il ait collaboré avec d'autres figures des musiques dites expérimentales ou cérébrales (comme Tim Hecker, Troum, This Quiet Army...), il est fort probable qu'il ne dépassera jamais vraiment le cercle des initiés et ce malgré une énorme discographie. Certes, la quantité ne fait pas forcément la qualité mais dans le cas d'Aidan Baker on peut faire clairement une exception. Dans le cas de Dualism, double album aux morceaux à rallonge et à tiroir, le canadien se révèle encore à nous comme un créateur de premier plan. Six morceaux donc, divisés en deux sessions qui mettent en lumière une musique métamorphe et ample. Là encore les fantômes des pionniers allemands des 70's refont surfaces mais pas seulement. Aidan Baker se montre plus prolixe en n'étant pas un vulgaire copieur. Non, comme à chaque fois, il construit sa musique de manière concise mais aussi en créant des paysages sonores à la beauté pure. Dualism est un peu l'incarnation d'une ambient à l'ancienne mais qui ne tient pas trop non plus à se réfugier dans un passéisme un peu trop confortable. D'un autre côté Aidan Baker ne bouscule pas non plus les habitudes et se concentre beaucoup sur les textures des nappes ainsi que sur le fil conducteur des morceaux. Le canadien prend ici la casquette d'un navigateur sur une mer à l'immensité infinie. On ne sait trop où il veut nous mener mais il continue d'explorer avec sérénité, persuadé que chaque paysage découvert apporte consciemment ou inconsciemment quelque chose à celui qui les explore à ses côtés. Ce voyage, on le fait volontiers comme une expérience hors du temps où la brume et la lumière font paradoxalement bon ménage. On ne saurait que trop apprécier un disque comme celui-ci histoire de se remettre les idées à l'endroit en ces temps quelque peu troublés.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-09-2016

A voir également :

http://aidan-baker.tumblr.com/

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