.:.Chronique.:.

Pochette

Charlemagne Palestine

Ssingggg Sschlllingg Sshipppingg

[Idiosyncratics::2015]

|01 Ssingggg Sschlllingg Sshpppingg |

Quoiqu'il arrive, il sera toujours difficile de faire le tour de l'œuvre de Charlemagne Palestine. Non seulement parce qu'elle est assez volumineuse (encore pas moins de cinq album pour la seule année 2015) mais aussi parce que ses disques semble inaltérables. Il apparaît, dès lors, assez compliqué de connaître sur le bout des doigts sa discographie tant on a l'impression de redécouvrir chaque album malgré les écoutes répétées. Il ne pourrait en être autrement avec Ssingggg Sschlllingg Sshpppingg, disque hypnotique fait de drones, de nappes sonores, de voix distantes, de field recordings qui nous emmène dans un monde altéré peuplé d'une population fantasmagorique et pleine d'une vie éthérique. Il n'y a rien de banal dans la musique de Charlemagne Palestine. Celle-ci est foisonnante, rayonnante, nuancée et d'une clarté qui finit par se troubler au fur et à mesure que l'unique pièce de cet album monte en puissance. Qu'on se comprenne bien, Charlemagne Palestine ne fait pas ici de la superposition sonore. Il combine les éléments, les lie les uns aux autres pour former un ensemble qui peut sembler incohérent mais qui forme un corps vivant, vibrant et évoluant sans cesse. A l'instar de la pochette du disque, celui-ci est coloré, bigarré et jamais construit dans une sorte d'unité qui n'offrirait qu'une seule et unique direction. Cela n'a jamais été le genre de Charlemagne Palestine et Ssingggg Sschlllingg Sshpppingg est comme un diamant (si, si) dont les multiples facettes sont comme autant de portes ouvertes sur le monde. Pendant cinquante et une minutes Charlemagne Palestine nous délivre une musique hypnotique qui se comporte comme un tourbillon inlassable. Celui-ci nous emmène le plus loin possible là où le tumulte peut s'accompagner d'une certaine forme de sérénité. A 70 ans, l'homme démontre une fois de plus qu'il est et demeure un artiste majeur et sans concession qui sait encore se dépasser pour ne pas entrer dans un conformisme bon teint. Certains disent que l'art est mort. Non, il y a encore Charlemagne Palestine...

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 06-01-2016

A voir également :

http://www.idiosyncraticslabel.blogspot.fr/

?>