.:.Chronique.:.

Pochette

Watine

Atalaye

[Catgang Music::2015]

|01 Les Appalaches|02 Sur la dune|03 Conversation d'archets|04 A l'ombre des saules|05 La raison qui me pousse|06 Badaboum et tralalère|07 Elle ne sait pas|08 Réminiscence ukulélé|09 Ma déchirure|10 Atalaye|

Catherine Watine ne cessera de nous étonner. Alors qu'elle avait l'habitude de chanter en anglais et ce quel que soit ses projets (sous le nom de Watine ou de This Quiet Dust), voici qu'elle se prend à promener ses volutes vocales autour de la langue française. Exercice d'autant plus difficile qu'il est davantage sous le feu de la critique quand le disque s'adresse à des francophones. Mais Catherine Watine est une femme de défi et il aurait été étonnant qu'elle nous assassine lâchement avec des chansons à la guimauve et aux rimes suspectes. Qu'on se rassure, elle ne s'est jamais allée à la facilité et Atalaye montre une nouvelle facette de la dame qu'on avait peine à soupçonner  : celle de manier la langue de Molière autrement que les paroliers charcutiers qui font les beaux jours des supermarchés de la culture. Atalaye donc, album lumineux qui parle d'amour, de la femme, de l'angoisse de la vie mais aussi de sa beauté simple et automnale. Un album qui se laisse volontiers aller aux vagabondages et aux rêveries de toutes sortes. Il y a toujours quelque chose d'irréel dans la musique de Watine et pourtant elle parle de choses qui sont très concrètes. C'est cette manière de magnifier son propos qui la rend si peu ordinaire. Entre le romantisme d'un Sheller et les bizarreries d'un Pascal Comelade, Watine nous emporte dans son imaginaire plein de tendresse et voudraient presque qu'on referme avec elle ses propres blessures. En un mot comme en cent, Atalaye est sans doute son album le plus personnel, celui sur lequel elle se met le plus à nu. Watine nous présente ce disque comme étant une incarnation d'une « mélancolie joyeuse ». C'est sans doute la formule la plus juste pour imager cet album aux multiples couleurs. Oui, parce qu'au-delà du chant monochrome de la dame, Atalaye se distingue par ses contrastes musicaux nombreux comme ces « reflets changeants » évoqués dans Sur la dune. La fausse simplicité qui est imprimée ici nous rappelle que rien n'est jamais cousu de fil blanc et que la vie est ce parcours dangereux où les sentiments s'entremêlent et s'accumulent pour former ce que nous sommes avec nos forces et nos faiblesses. Disque purement organique, Atalaye a ce côté céleste qui va si bien à son auteur. La tête un peu dans les nuages, les pieds un peu sur terre, le cœur intégralement sur la main.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 24-09-2015

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