.:.Chronique.:.

Pochette

Abrahams, Chris

Memory Night

[Room 40::2013]

|01 Leafer|02 Bone and Them|03 Strange Bright Fact|04 Stablize Ruined|

Alors que Chris Abrahams sort avec Memory Night sa troisième réalisation pour le label Room 40, notre homme est surtout connu pour sa participation à The Necks. Cela ne veut pas dire que ce qu'il fait sous son propre nom est inintéressant ou aurait moins de valeur. Memory Night est là pour en attester sans qu'on ait à la constater dans la facilité. En effet, Chris Abrahams évolue dans une musique expérimentale qui n'est pas faite pour le premier venu. De fait, une écoute appliquée est nécessaire pour percevoir tous les détails qui constituent le corps des créations d'Abrahams. Le but ici est d'offrir un panorama sonore variés où les éléments électroniques côtoient sans peine les instruments classiques. Mais, on s'en doute, ils sont employés dans une voie qui n'a rien d'habituelle. On entre ici dans le champs de la bizarrerie sonore, de l'abstrait, une sorte de mécanique post-industrielle et désincarnée. Chris Abrahams imprime volontairement un non rythme dans chacune des quatre pièces de Memory Night. Un moyen comme un autre pour que l'auditeur se perde dans une sorte de labyrinthe informe qui n'a de cesse de changer, de se transformer comme pour mieux nous tromper ou pour nous empêcher de nous habituer. Memory Night déploie alors tout un arsenal instrumental mais aussi séquentiels qui s'ajoutent les uns aux autres pour former une trame qui n'a rien de prévisible. C'est ce qui fait l'intérêt de ce disque qui malgré une apparente nonchalance peut prétendre à nous tenir en haleine ou sous une certaine forme d'hypnose. Mais comme nous l'avons suggéré, il faut rester attentif, ne pas se laisser distraire sous peine de perdre toute la saveur des constructions sonores de Chris Abrahams. Disque attrayant pour qui veut bien s'en donner la peine, Memory Night est un bel exercice d'illustration dynamique et de mise en application d'une matière sonore qui mise en avant n'est plus dans le cadre du simple habillage. Elle prend ici le premier rôle, constituant la seule orientation mais dont les possibilités sont d'une multiplicité sans bornes. Du bel ouvrage, donc.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 15-07-2013

A voir également :

http://www.thenecks.com/

?>