.:.Chronique.:.

Pochette

Enablers

Blown Realms and Stalled Explosions

[Exile on Mainstream::2011]

|01 Patton|02 Cliff|03 Career-Minded Individual|04 Morandi : Natura Morta #86|05 No, Not Gently|06 The Reader|07 Hard Love Seat|08 Rue Girardon |09 Visitication Valley|10 A Poem for Heroes|

Je ne suis pas un grand fan du spoken word. Bien souvent je peine à aller au-delà des premières minutes, les stéréotypes s'accumulant donnant l'impression que l'on tourne désespérément en rond. Enfin, c'est comme ça quand le spoken word n'est accompagné de rien ou de presque rien. Ainsi je me rappelle de certaines performances de Lydia Lunch qui m'avaient ennuyé à mourir alors que je l'adore par ailleurs. Rien n'est jamais simple. Et avec Enablers cela ne sera pas le cas. En effet, les américains usent du spoken word mais ce n'est pas qu'un groupe à spoken word. Ils n'ont jamais été que cela. Pour autant, ce n'était pas fait pour me rassurer. Blown Realms and Stalled Explosions est leur quatrième album et la seule question qui me hantait était de savoir si Enablers était à la hauteur de sa réputation. Depuis, leur premier opus, End Note, Enablers avait emmené le spoken word vers des musiques un peu plus hostiles (post-core, post-rock, noise ou math-rock). Cela aurait pu ne pas marcher mais très vite Enablers a su marquer son territoire et nous présenter des disques infaillibles. Blown Realms and Stalled Explosions ne faillira pas lui non plus et l'arrivée de Doug Scharin (Codeine, June of 44) n' a fait que renforcer le groupe. On peut donc avoir du mal avec le spoken word mais ne retenir que ça de Enablers serait ne pas prendre le problème à bras le corps. Enablers est un tout et Pete Simonelli n'existe pas s'il n'a pas ses musiciens, la réciproque étant également vraie. Cette symbiose qui a si bien fonctionné sur les trois premiers opus du groupe continue d'opérer sur celui-ci. Disque sous tension permanente (mais avec un courant alternatif), Blown Realms and Stalled Explosions possède cette maturité tout en sachant prendre toutes les contre-allées qui sont à sa portée. Enablers établie des connexions certaines entre différentes formes de poésies urbaines. C'est sans doute pour cela qu'Enablers n'est pas toujours frontal, qu'il existe des passages d'accalmie salutaires. En somme, le groupe de Pete Simonelli joue d'une intelligence qui ne s'est jamais démentie. Et quand bien certains auraient quelques doutes sur le bien fondé de cet album, qu'ils se rassurent, Enablers est toujours à son meilleur.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 12-04-2012

A voir également :

http://enablers.bandcamp.com/

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