.:.Chronique.:.

Pochette

Fowler Collins, William

Perdition Hill Radio

[Type::2009]

|01 The Hour Of Red Glare|02 Grave Robbing In Texas|03 Dark Country Road|04 On Perdition Hill|05 Slow Motion Prayer Circle|06 The Ghosts Of Eden Trail|

Les Américains aiment beaucoup les grands espaces. Il faut dire qu’ils vivent dans un pays qui ne leur donne pas vraiment le choix. Mais le fait est que cela est inscrit dans leur imaginaire et que cela a souvent pesé dans les différents modes d’expressions artistiques. Pour William Fowler Collins c’est une chose tout à fait naturelle et sa musique en est le parfait reflet. Perdition Hill Radio est, de fait, un album d’ambiant fantomatique, sombre et ascétique mais qui prend toute la mesure d’un vaste environnement qui semble se prolonger à perte de vue. Amoureux de musique expérimentale, Collins utilise autant du field recording que des nappes de guitares ou du laptop. En ce sens, l’Américain essaye d’éviter des blocs sonores trop massifs et sans vie. Nous sommes plus dans un road movie fantasmé et qui touche à l’irréel plutôt qu’une approche trop scolaire. On n’échappe cependant pas à la lenteur qui est un passage obligé à la construction de ces ensembles éthérés. Par contre il parvient à s’extirper de la plupart des stéréotypes du genre en plongeant profondément dans un abime sans fonds.

De toute façon, quand on commence à explorer le genre ambiant on se rend vite compte qu’il est difficile d’innover et de surprendre. Perdition Hill Radio n’apporte donc rien de plus que ce l’on connait déjà. On se concentre alors sur les textures et les émotions que l’on souhaite véhiculer. William Fowler Collins parvient à captiver et se rendre convaincant. Sans trop de peine on se sent enveloppé cette musique nocturne aux contours flous et à l’imaginaire débordant. Il n’y a qu’à se laisser transporter comme bien souvent dans ce genre de situation mais l’avantage de ce disque c’est qu’il explore des paysages différents. Sur les six plages qui composent ce disque on peut estimer qu’il y a autant d’espaces différents. Il n’y a donc pas de lassitude et encore moins de monotonie. Sans avoir l’impression que le genre ait avancé d’un pouce on peut se consoler en se disant que Perdition Hill Radio est d’une beauté spectrale qui ne laisse planer aucun doute.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-09-2009

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http://www.williamfowlercollins.com/

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