.:.Chronique.:.

Pochette

Mono

Hymn To The Immortal Wind

[Human Highway Records/Conspiracy Records::2009]

|01 Ashes In The Snow|02 Burial At Sea|03 Silent Flight, Sleeping Dawn|04 Pure As Snow (Trails Of The Winter Storm)|05 Follow The Map|06 The Battle To Heaven|07 Everlasting Light|

Il n’y a pas si longtemps que cela rien que le fait de prononcer le nom de Mono suffisait à provoquer une certaine effervescence chez les amateurs de post-rock. Même si les japonais jouissent encore d’une belle aura, il faut avouer que la fièvre est quelque peu retombée ces derniers temps. Le groupe suscite toujours de l’intérêt mais il y a tout de même eu quelques désaffections. Une désaffection qui, il me semble, est survenue avec Walking Cloud And Deep Red Sky, Flag Fluttered And The Sun Shined. Pourtant, Mono est toujours resté lui-même, ne se trahissant jamais fidèle à se réputation. Un tel désamour est un peu incompréhensible car le groupe a toujours véhiculé une passion profonde et indiscutable qui ne pouvait que provoquer l’adhésion. Il y a des choses comme cela que l’on ne s’explique pas. Avec le gargantuesque Hymn To The Immortal Wind il faut espérer un retour inconditionnel au bercail de ces quelques âmes perdues. Tout d’abord il est à noter que l’omniprésent Steve Albini s’est fendu d’une production miraculeuse. Irréprochable à tous les niveaux, l’Américain a réussi à donner une ampleur encore jamais atteinte par Mono.

Il faut dire que le projet qu’est Hymn To The Immortal Wind est des plus ambitieux. Le groupe a eu la folie des grandeurs en voulant rajouter une ribambelle d’instruments classiques (violons, violoncelles, flutes). Ainsi pas moins de vingt-huit musiciens, dont un chef d’orchestre, sont venus apporter un nouveau souffle surdimensionné aux compositions des Japonais. Majestueux de bout en bout, mais jamais pompeux, Hymn To The Immortal Wind occupe tout l’espace et se donne une force émotionnelle que la raison seule ne peut expliquer entièrement. Le risque pour Mono était de ne pas se tromper sur ses propres intentions. Fort heureusement ils évitent les pénibles clichés des orchestres symphoniques. Ici, l’orchestre est au service et fusionne avec les envolées électriques de Mono, et non l’inverse. En sept morceaux oniriques, parfois morriconnien, et qui tendent à ressembler à d’immenses fresques épiques, ces enfants de Mogwai nous reviennent en grande forme. Il s’élève quelques voix pour dire que Hymn To The Immortal Wind est tout simplement leur meilleur album à ce jour. C’est peut-être vrai mais, en tout cas, il est l’un de ceux qui vous donne le plus la chair de poule. Du bonheur, donc, rien que du bonheur.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 30-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/monojp

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