.:.Chronique.:.

Pochette

Carlill, Neil & Oldman, Charles C.

5 Little Elephants

[Union Without Vacation Records::2008]

Les bonnes rencontres font les bons amis et, a fortiori, quand il s'agit de deux artistes, cela abouti également sur un bon album. C'est ce qui est arrivé à Neil Carlill (Delicatessen, Vedette, Shoosh, Airport Studies) et Charles-Eric Charrier aka Charles C.Oldman. Dans une interview qu'il avait accordé pour Liability il y a de cela trois ans, Charles-Eric avait émis le souhait de faire un disque plus pop. Du moins quelque chose qui s'en rapprocherait. Ce quelque chose c'est avec Neil Carlill qu'il a pu le réaliser. 5 Little Elephants est donc un genre de disque de pop hybride, qui sort du conventionnel avec une portée intimiste et poétique d'une belle maturité. Annoncées comme des chansons improvisées, les créations du duo donnent pourtant nettement l'impression d'être des plus abouties. En cela on pourrait comparer leur effort à celui d'un Pascal Comelade. D'ailleurs, Twain, morceau qui ouvre l'album, possède cette même naïveté mécanique. Par la suite les deux hommes tentent de prendre des chemins un peu plus variés qui tendent vers l'expérimental mais sans perdre de vue ce caractère émotionnel qui reste fortement présent. Neil Carlill et Charles C.Oldman nous ont habitué depuis longtemps à nous faire resurgir nos sentiments les plus enfouis. Ici, ils ne dérogent pas à leur leitmotiv et essayent d'aller le plus loin possible dans ce registre en jouant l'opposition entre luminosité et noirceur.

En ce sens 5 Little Elephants n'est pas un disque comme les autres. Ainsi que leurs auteurs, soit dit en passant. Il faut les comprendre. L'ordinaire n'est pas quelque chose qu'ils ont réussi à apprivoiser. De ce fait ils se sont toujours senti obligé d'être hors catégorie. Mais, en même temps, ils réalisent également la musique de leurs envies, celle qui leur ressemble et qui fait ressortir le plus leur personnalité. Une musique entière faite par des personnages entiers. En somme ce disque ne connait pas de demi-mesure. Il faut le prendre comme un songe éveillé, un disque à dimension humaine mais qui a sa part de fantasmagorie. Ainsi le duo se partage entre le réel et l'irréel sans vraiment réussir à se déterminer. Cette incertitude est complètement voulue et c'est ce qui donne tout son charme à cet album. 5 Little Elephants est pour le moins hors-catégorie et c'est aussi pour cela qu'on s'y replonge allègrement, parce qu'il ne ressemble pas aux autres et qu'il apporte tout son lot de beauté inattendue. Que demander de plus ?

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 02-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/5le

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