.:.Chronique.:.

Pochette

Etron

Joe Ball

[Dark Dog Rock Records::2007]

Avec un nom aussi scatologique, il allait de soi qu'Etron allait être un groupe aux intentions malsaines, un brin provocateur, et que sa démarche artistique allait s'attirer les foudres d'une partie du public. En parlant de public, celui d'Etron n'a guère dépassé le microcosme belge (bien qu'il fasse des efforts pour s'exporter) dans lequel il est loin de faire l'unanimité, tant le groupe tente de bousculer les habitudes et le ronronnement rock qui s'y est installé. Pour cela doit-on vouer à Etron une reconnaissance totale ? Rien n'est moins sûr. Groupe prolifique, Joe Ball est le onzième album qu'il sort en pas moins de huit ans. Bien qu'il n'ait pas laissé que des souvenirs heureux, Etron est sans doute plus intéressant qu'on ne veut bien le dire. En se démarquant de toute musique mainstream avec une démarche pour le moins agressive, Etron ne s'est pas fait que des amis. Largement incompris, le groupe provoque chez certains une bonne montée d'urticaire. Il faut dire qu'Etron n'y va jamais avec le dos de la cuillère avec leur post-punk archéo, sale et hors caste mais dont la force d'évocation ne se dément jamais. Ainsi Joe Ball, quadruple album tout de même, est le reflet de ce sentiment et si la curiosité vous titille, la méfiance, elle, vous rattrappe assez vite.

Etron est alors ici fidèle à lui-même, sans concessions et allant jusqu'au bout de ses idées. Il n'est dès lors pas évident de tenir cette position sur quatre disques et il apparaît assez évident que le résultat est inégal. A la limite il faudrait prendre chaque disque à part et non s'approprier Joe Ball comme un tout car avaler l'ensemble d'une traite est l'assurance d'une indigestion carabinée. Pris à part, les disques se révèlent autrement. On comprend alors que le duo mette mal à l'aise, ou que l'hostilité fasse partie de leur quotidien. Joe Ball, en tant qu'album concept, n'a rien d'agréable. Il va pourtant puiser une force insoupçonnable basée sur une production, certes au rabais, mais qui se révèle efficace dans sa sèche brutalité. Jamais on ne pourra trouver la moindre once de réconfort. Etron n'est pas porteur d'espoir. Etron n'est pas un bon samaritain. Etron ne vous aime pas. Etron ne fait que vous renvoyer votre propre image. On pourra bien penser que ces Belges ne sont que des petits provocateurs à la sauvette mais ce serait sans doute regrettable de les sous-estimer ainsi. Le groupe va certainement continuer à prendre des coups mais, de son côté, ne se privera pas pour en donner, et leur musique est leur meilleure arme.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 11-06-2008

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