.:.Chronique.:.

Pochette

Elizabeth, Nancy

Battle And Victory

[Timbreland/Leaf::2007]

|01 I'm Like The Paper|02 I Used To Try|03 Off With Your Axe|04 The Remote Past|05 Coriander|06 Brown Legs|07 Electric|08 Hey Son|09 Weakened Bow|10 What Is Human|11 Lung|12 How Can I Stop ?|13 Battle And Victory|

Passée un peu inaperçue par chez nous (en même temps, qui ne l'est pas ?), Nancy Elizabeth, jeune Britannique de 23 ans, a produit un premier album qui ne méritait pas un tel ostracisme. Certes on pourra se dire que Battle And Victory est un disque folk de plus, sauf que la Mancunienne n'est pas dans cette veine country qui a nettement pris le dessus depuis l'avènement de gens comme Bonnie Prince Billy ou Bill Callahan. Non, Nancy Elizabeth est plus dans une sorte de pagan-folk, une tendance à la limite médiéviste, qui revisite les arcanes de l'heavenly voices triomphant des années 80-90. Autant dire que sur ce genre de créneau, la jeune femme est quelque peu isolée. Mais doit-on s'en plaindre ? Alors que tout le monde, ou presque, se pille les uns les autres, Nancy Elizabeth offre une voie différente qu'on ne croyait pas voir resurgir de sitôt. Chatoyant et proche du merveilleux, Battle And Victory est un disque d'un autre temps mais qui, en même temps, se démarque de la veine celtico-traditionnelle dont l'une des figures de proue peut être vue en la personne de Loreena McKennitt. Nancy Elizabeth a une approche plus moderne. Disons plutôt qu'elle fait la jonction entre les époques et qu'elle arrive à trouver un juste milieu.

Limpide, Battle And Victory peut se révéler aussi épique qu'intime mais quel que soit la force qu'elle transmet dans ses morceaux, Nancy Elizabeth sonne toujours juste et donne une émotion qui peut autant rappeler les échappées d'une Joanna Newsom ou d'une Laura Veirs. Donc oui, Nancy Elizabeth est bien plus moderne que ce que les premières écoutes pouvaient laisser présager. Battle And Victory est un disque tout en profondeur, aux mélodies sensibles et aux sonorités qui ont ce paradoxe d'être aussi fragiles qu'assurées. On comprend alors mal que ce disque soit passé un peu à côté de nombreuses rédactions. Ceux qui ont daigné écrire sur cet album n'ont, manifestement, pas eu à le regretter. Ce premier opus est plutôt une belle entame et confirme les impressions laissées par l'ep The Wheel Turning King paru en 2006. Tout ce qu'on lui souhaite, finalement, c'est de suivre le même chemin que Newsom et Veirs. Elle en a la capacité.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 08-05-2008

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http://www.nancyelizabeth.co.uk

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