

GoGooo
Long, Lointain
[Baskaru::2007]
|01 Derrière...|02 Calme|03 Echappée|04 Près De L'Arbre|05 Je Ne Te Vois Plus|06 Affleurement|07 Les Nuages Flottent|08 Lueur|09 Là|10 Partir Loin|
2007 aura été une belle année pour Gabriel Hernandez. Si le label Baskaru a su reconnaître en lui un talent de sculpteur sonore il n'aura pas été le seul à lui mettre le grappin dessus. Ainsi on aura pu entendre ses échappées minimalistes sur 1.8(Sec) Records (Canada), Magic Book (Japon) et EKO (France). On prendra également un peu à part ce qu'il a sorti sur son propre netlabel Rain Music. Une année chargée mais Long, Lointain est vraiment à considérer comme son premier véritable album (entendez d'un point de vue professionnel). Disque sobre et monochrome Long, Lointain se distingue par cette beauté froide qui vous berce inévitablement dans un état second. Essentiellement basé autour de field recordings et de laptop, Gabriel Hernandez dégage subtilement des espaces pour d'autres instruments comme le piano, la guitare, le mélodica ainsi que des voix. L'album porte alors bien son nom. Tout donne l'impression d'immensité ce qui donne ce sentiment d'éloignement, de longueur interminable comme ces steppes russes dont on ne sait jamais si elles ont des limites. Ce minimalisme électronique, allié à cette instrumentation cristalline, met GoGooo dans une situation sonore que l'on a déjà connue ailleurs mais doit-on le lui reprocher ? Non, pas vraiment, Long, Lointain étant un album d'un très bon niveau qui a su créer des ambiances d'une quasi parfaite sérénité.
Même si la beauté polaire de Long, Lointain n'est pas une illusion il ne faudra pas pour autant être dupe. GoGooo n'est pas le premier à s'exprimer dans ce registre et il ne sera sans doute pas le dernier. Ce qui compte, finalement, ce n'est pas tant ce que Gabriel Hernandez pourrait apporter au genre. A l'évidence il est plus dans une optique de perpétuer une idée plutôt que de la transformer. Ceci étant cela n'enlève en rien à la qualité de ce disque. Le Grenoblois n'a, au bout du compte, de leçons à recevoir de personne. La fragilité permanente de ce disque parle d'elle-même et les fines textures qui forment son ossature sont pour le moins touchantes. Tous les espoirs sont donc permis. A partir du moment où un type comme Gabriel Hernandez sait se rendre efficace autant sur le fond que sur la forme, il n'y a pas de souci particulier à avoir quant à l'avenir discographique du personnage. Pour le moment Long, Lointain est un voyage intimiste à savourer les yeux fermés.

par Fabien, chronique publiée le 14-02-2008
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