.:.Chronique.:.

Pochette

Ent

Fuck Work

[Baskaru::2006]

|01 Beating Cherry Nipples|02 All Night Long|03 Eternal Plans|04 Milk Oblo|05 Nothing For Money|

Cinq ans après leurs débuts et quelques participations à des compilations le duo Ent formé par Michele Scariot et Emanuele Bortoluzzi sortent enfin leur premier album sur la structure française encore confidentielle Baskaru. Quand on se réclame de groupes comme AMM, Gastr Del Sol ou Pan Sonic on peut raisonnablement se dire qu'on avance en terrain miné. De suite on craint l'indigestion, les formes biscornues, les idées tordues, bref une épreuve de force cérébrale qui bien souvent ne vaut pas la peine qu'on aille jusqu'au bout. Si effectivement les Italiens de Ent ont leur fonds de commerce dans l'exploration sonore, celle-ci se révèle être des plus intéressantes. Affichant des prétentions avant-gardistes, les deux hommes ne se privent pas de nous distiller une musique curieuse qui avec une lenteur affable sait faire passer des formes complexes avec une certaine aisance sans qu'on n'ait rien à y redire. Effectivement ce mélange entre le minimalisme électronique, le post-rock et l'impro-jazz-expérimental était loin d'être aussi évident sur le papier et pouvait offrir un certain décalage dans les mises en forme. Bien au contraire, il existe ici une fluidité qui se veut d'une logique presque implacable. Tout semble couler de source, tout s'emboîte parfaitement osant même jusqu'à sampler du Jean-Michel Jarre sur Beating Cherry Nipples.

Ent n'est sans doute pas le plus audacieux des groupes mais il offre avec ce Fuck Work suffisament de prises de risques pour qu'on s'attache à ce disque. Des prises de risques qui se révèlent donc être payantes puisque les cinq pièces qui composent cet album ne semblent pas vraiment dévoiler de faiblesses. La relative lenteur de Fuck Work aurait pu laisser supposer une certaine prudence de la part de Scariot et Bortoluzzi mais en ne se contentant pas de suivre une seule ligne directrice, mais malgré tout colonne vertébrale de l'ensemble, le duo sait alimenter ses compositions par des collages sonores qui leur donnent une prestance un peu surnaturelle. Clairement, Ent, par sa musique, se détache du monde réel et tente de nous entraîner avec eux. Il sera facile de se laisser piéger mais ce sera avec un consentement complice.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-04-2006

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