

Belong
October Language
[Carpark/Import::2006]
|01 I Never Lose. Never Really|02 Red Velvet Or Nothing|03 October Language|04 I'm Too Sleepy...Shall We Swim?|05 Remove The Inside|06 Who Told You This Room Exists?|07 All Equal Now|08 The Door Opens The Other Way|
Le shoegazing obtiendrait-il un retour en grâce ? Du moins il en existe encore quelques nostalgiques. Quoi d'étonnant à cela en même temps ? C'est un peu l'époque qui veut cela. A défaut de pouvoir s'épanouir dans une nouvelle forme musicale, on regarde derrière soi et on estime que l'on peut faire aussi bien, sinon mieux, qu'autrefois. Cette logique implacable est devenue suffisamment récurrente ces dernières années pour qu'on ne s'étonne plus de rien. Pourtant on ne pourra pas vraiment taxer le duo américain Belong d'opportunisme mal placé. Qui, en effet, ose s'aventurer encore aujourd'hui dans les strates vaporeuses d'un My Bloody Valentine ou de n'importe lequel de ses avatars de la même période ? A vrai dire, ils ne sont pas nombreux. Il n'y a pas si longtemps Pluramon avait tenté le coup avec un Dreams Top Rock assez convaincant. Belong remet donc le couvert, épaulé à la production et à la guitare par Joshua Eustis de Telefon Tel Aviv. Comme à la grande époque, Belong faisait comme s'il ne s'était rien passé depuis Loveless. Autour de guitares flottantes et de nappes vaporeuses les morceaux du duo semblent fonctionner au ralenti. Cette lenteur généralisée et la saturation sonore de l'album évoque largement une prise d'altitude qui côtoie les plus hautes sphères de l'atmosphère.
Véritable moment d'éternité, ce disque s'écoute les yeux fermés, et dans l'obscurité totale, on peut apprécier les montées en puissance de chacune des compositions de Turk Dietrich et Michael Jones. October Language joue beaucoup sur le côté émotionnel et agit de manière complêtement libérée. Cet album est ainsi sans frontières et aux étendues soniques infinies. Si la musique de Belong est un peu trop marquée par les influences précédemment citées, il n'en demeure pas moins que le genre reste encore l'apanage de quelques cas isolés. Il apparaît alors aisé de s'y retrouver, n'ayant pas à subir une horde de suiveurs à l'inspiration douteuse. On se met même à espérer que cela ne suscitera pas un engouement identique au post-punk, histoire que ce premier album de Belong garde l'essentiel de sa fraicheur. Ceci dit, il y a de quoi être optimiste car un album comme October Language n'est vraiment pas fait pour le grand public. Seuls les avertis apprécieront.

par Fabien, chronique publiée le 20-02-2006
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