.:.Chronique.:.

Pochette

Ex, The

Singles. Period. (The Vinyl Years 1980-1990)

[Ex Records/Tripsichord/Vicious Circle::2005]

Quand on parle du punk vous aurez de grandes chances d’entendre tous les lieux communs qui collent si bien au genre. On vous citera volontiers les Sex Pistols, les Buzzcocks, The Damned, Sham 69, à la rigueur Wire mais plus rarement The Ex. Ce groupe néerlandais à tendance anarchiste s’est formé à la fin des années 70 (en 1979 pour être exact) mais ce n’est qu’à partir de 1980 que The Ex sort son premier E.P. (All Corpses Smell The Same) ainsi que son premier album (Disturbing Domestic Peace). Depuis, la formation ne s’est jamais arrêtée et a toujours joué un rôle d’agitateur tant musical que politique et on ne compte plus les collaborations atypiques qui jalonnent leur carrière (Tom Cora, Han Bennink, Lee Ranaldo & Thurston Moore, Chumbawamba). La présente compilation est la réunion de singles depuis longtemps indisponibles et qu'il n’était possible de se procurer qu’aux Pays-Bas. Autant dire que c’est un cadeau tombé du ciel. En même temps cela reste une très bonne introduction à un groupe qui aura traversé deux décennies avec constance et toujours avec la même intransigeance.

A vrai dire, The Ex a parfaitement sa place aujourd’hui et sans doute plus que jamais. En ces périodes d’alter-mondialisme, d’incertitudes sociales et d’anti-américanisme (ou plutôt d’anti-bushisme) les Néerlandais ressortent des morceaux qui n’ont pas pris une ride et qui collent parfaitement à la situation actuelle. D’ailleurs, The Ex n’y est jamais allé par quatre chemins, préférant l’affrontement et les prises de positions brutales plutôt que le conformisme. Ainsi ils n’hésitent pas à écorner le modèle U.S. en traitant les Américains de gens stupides (Stupids Americans), à prendre fait et cause pour un mouvement de résistance au Salvador (Weapons For El Salvador) ou encore s’associer avec Awara, une formation kurde d’Irak en 1984. Le livret, très bien fourni, donne une idée précise de l’activisme du groupe. Quoiqu’il en soit, The Ex n’est pas un petit groupe de contestataires comme il peut en exister à foison, car au discours ils savent y associer la forme. C’est toujours tranchant, plein de tension tout en ayant cette capacité à évoluer sur le fil du rasoir. The Ex, finalement, dépasse le stade du punk en en proposant une version plus adulte, avec une conscience et qui a cette volonté irascible de ne jamais se laisser piétiner par qui que ce soit. La musique de The Ex est comme une arme. Sachons nous en servir.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 18-09-2005

A voir également :

http://www.theex.nl

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