.:.Chronique.:.

Pochette

Ehlers, Ekkehard

Politik Braucht Keinen Feind

[Staubgold::2003]

La pochette de ce disque et à fortiori le livret pourrait aisément nous laisser croire que Ekkehard Ehlers est un de ces artistes de musique électronique formatée pour les dance-floor. On en est loin. Très loin même.

On entre dans un univers totalement oppressant, étouffant qui ne laisse que guère de place à la fantaisie. Le tout restant pour le moins minimal et jouant beaucoup sur les expérimentations sonores. L’album se base sur deux pièces principales, « Mäander » et « Blind », qui se décomposent en plusieurs parties. Ehlers utilise pour ces deux pièces des variations d’enregistrements de clarinette basse et de violoncelle avec des arrangements électroniques. On rentre ainsi dans le domaine de l’avant-garde que ne renierait certainement pas certains amateurs de musique contemporaine. Ehlers en reste d’ailleurs assez influencé. Il alla même jusqu’à sampler des œuvres de Charles Ives et d’Arnold Schönberg pour son premier album (« Betrieb » - Mille Plateaux- 2001).

Alors tout cela pourrait paraître d’une certaine lourdeur pour tout ceux qui ne serait pas habitué à une telle approche de la musique. « Politik Braucht Keinen Feind » est un album difficile, j’en conviens, mais pas inaccessible. Nous avons affaire à un disque exigeant et qui nécessite une écoute exigeante. Ni plus, ni moins. En tout cas voilà un disque dont on ne ressort pas forcément indemne. Cérébral, ce disque l’est sûrement, mais il a au moins ce mérite de ne pas sombrer dans le conceptuel de façade qui fait souvent défaut à pas mal de disques dit d’avant-garde.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 25-09-2003

?>